Festival du nouveau cinéma: Klip, un fragment de jeunesse numériquement et socialement à la dérive

Imagine tirée du film Klip de Maja Milos
Photo: Imagine tirée du film Klip de Maja Milos
Regarder loin et ailleurs pour disséquer nos travers, c'est sans doute ce qu'offre ce troublant portrait d'une jeunesse serbe branchée et en perdition dressé par la jeune réalisatrice Maja Milos.

La descente dans l'enfer du présent dure 1h40. Elle prend place dans la Serbie d'aujourd'hui et surtout dans un groupe d'adolescents cherchant à se construire au coeur d'un pays, malmené par des années de tension, et qui lui-même peine à se reconstruire.

Dans cet environnement hostile, la jeune Jasna et ses amis, affronte le réel, comme les jeunes de leur âge un peu partout sur la planète, en documentant par l'entremise de leurs téléphones cellulaires chaque instant de leur existence, plutôt que de les vivre. L'accumulation de ces «clips» forme un tout d'une tristesse infinie où se mélange violence, désespoir et hypersexualisation des rapports sociaux témoignant d'une quête identitaire bouleversante au temps du numérique et de la dépression sociale.

En passant par l'extrême, la violence, le rejet, la maladie, une ville en ruine et surtout l'hypersexualisation des rapports sociaux, comme moyen d'atteindre l'amour, la reconnaissance et d'avoir l'attention de l'autre dans des mondes de plus en plus froids et individualisés, Klip sonde le pire de cette condition humaine qui tient un portable dans sa main pour mieux mettre en scène sa propre incompréhension des mutations en cours. Et forcément, il est difficile d'en sortir indemne.

Klip, de Maja Milos, est présenté à l'Excentris dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC), vendredi 19 octobre à 18h15 et samedi 20 octobre à 15h30.


À voir en vidéo