Grégaires en réseau: Facebook peut stimuler la participation à un scrutin électoral

Jour de scrutin fédéral au Québec, en 2011
Photo: Jacques Nadeau Jour de scrutin fédéral au Québec, en 2011
Les détails de cette étonnante recherche viennent d'être publiés dans les pages de la revue scientifique Nature.

On résume: en 2010, James Fowler, un spécialiste des réseaux sociaux et de la politique, a fait apparaitre sur les pages de 61 millions d'abonnés américains à Facebook un message non-partisan le jour du vote. La chose rappelait qu'il y avait élection, proposait de localiser le bureau de scrutin le plus proche de l'abonné et surtout invitait, à l'aide d'un bouton, à faire part à ses abonnés que l'on était allé voter. En parallèle, un groupe témoin de 600 000 abonnés s'est fait exposer au même genre d'information, le bouton «j'ai voté» en moins toutefois.

Résultats: l'effet Facebook, où l'influence de comportements dans les univers matériels par l'entremise de messages en provenance des mondes numériques, s'est bel et bien produit. Comment? En multipliant par quatre l'acte de voter chez les abonnés ayant été en contact avec le message à saveur social «j'ai voté».

Pis, les amis proches d'un abonné, plus que les connaissances, ayant publicisé de la sorte leur geste électoral, ont davantage incité les abonnés à aller aux urnes, ont démontré les scientifiques qui, après une mise en perspective des résultats de cette recherche avec les données publiques récoltées dans les bureaux de vote, estime à près de 340 000 le nombre de votes en plus, dans ce scrutin fédéral, induit par le message présenté sur Facebook. Rien de moins.

Dans les pages numériques de la BBC la semaine dernière, Fowler juge toutefois que ce plus, en apparence important, n'a pas été assez imposant pour modifier le résultat d'un vote. Bien sûr. Il représente même une infime partie des voix exprimées, selon lui. Mais, rappelle-t-il, il arrive parfois que l'issue d'un scrutin ne tienne pas à un grand volume de voix. Cela a été le cas en Floride en 2000, alors que le candidat George Bush a remporté la Floride et du coup la présidence américaine par une avance de... 537 voix. À l'époque, Facebook n'existait pas.


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