Campagne électorale: les candidats sont invités à signer le Pacte du logiciel libre

Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger
Photo: Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger
Dans les grandes lignes, le groupe de pression explique que «l'informatisation ultra-rapide de la société soulève des problèmes d'ordre éthique et politique sur lesquels ne peuvent rester muets des hommes et des femmes qui aspirent à représenter le peuple québécois dans son Assemblée nationale». L'Association ajoute que la question des logiciels libres est intimement liée à celles touchant la protection de la vie privée, la pérennité et l'accessibilité des données publiques, mais également la gestion saine et efficace des fonds publics. Entre autres.

Le Pacte du logiciel libre, que le FACIL propose aux candidats de signer d'ici le 4 septembre prochain, soir du scrutin, estime que «l'usage et le développement du logiciel libre, en participant à la préservation des libertés fondamentales à l'ère du numérique et au partage du savoir, favorisent l'accès de tous les Québécois aux richesses de la nouvelle économie». En apposant leur griffe au bas, les candidats s'engagent à «encourager les administrations» à utiliser ces logiciels, mais également à faire la promotion des formats informatiques dits ouverts et à défendre les droits des utilisateurs et créateurs de ces logiciels.

La candidate de QS dans la circonscription de Gouin, Françoise David, l'a signé. Henri-François Gautrin, qui défend les couleurs libérales dans Verdun en a fait autant. Rappelons que l'homme a piloté le groupe de travail sur la gouvernance numérique qui a accouché au printemps d'un important rapport, le rapport Gautrin, recommandant entre autres au gouvernement d'encourager la prolifération des logiciels libres dans l'appareil gouvernemental.

Une poignée d'autres candidats leur ont également emboité le pas dans les dernières 24 heures.

Les logiciels libres ont régulièrement été sous les projecteurs dans les dernières années, surtout depuis que la Cour supérieure ait reconnu coupable la Régie des rentes du Québec en 2010 pour l'attribution d'un contrat de service informatique sans appel d'offre à la multinationale américaine Microsoft. Ce contrat, dénoncé par les défenseurs du libre, faisait abstraction du coup de leurs logiciels, sans raison valable.

Récemment, l'Assemblée nationale s'est placée dans la même délicate situation lors du renouvellement de son parc informatique avec un contrat allant à l'encontre de la Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement — à laquelle elle n'est pas assujettie —, mais qu'elle a toutefois votée.

En Europe, aux États-Unis, en Australie et dans plusieurs provinces canadiennes, les logiciels libres sont de plus en plus encouragés par les administrations publiques qui voient en eux une façon de diminuer leur dépendance couteuse aux grandes multinationales de l'informatique. Ces applications permettent aussi d'allonger la durée de vie des ordinateurs, de réduire la fracture numérique entre les riches et les pauvres, d'assurer un meilleur partage des données produites par le gouvernement. Le logiciel libre  est également une pièce importante dans la construction d'une démocratie dite numérique qui vise à stimuler la participation citoyenne par une meilleure circulation de l'information dans les nouveaux espaces de communication.


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