Donner ses livres numériques en héritage: un problème pour Amazon

La question est bonne et pas grand monde l'avait vu se pointer: les livres numériques qui commencent à se multiplier dans une liseuse numérique ou un iPad prêt de chez vous peuvent-ils se transmettre par héritage, à l'image du contenu des bibliothèques d'antan? En théorie, oui, mais en pratique pas pour le grand libraire en ligne Amazon, vient de découvrir le New York Times, mettant du coup à jour un autre paradoxe lié à la dématérialisation de nos comportements.

C'est le chroniqueur Kyle Jarrard qui est à l'origine de cette découverte. Il y a quelques jours, il a demandé à Amazon, le célèbre et influent libraire en ligne, ce qui allait advenir de ses livres numériques achetés pour son Kindle une fois qu'il aura lui-même quitté le monde de la matérialité. Et la réponse ne laisse aucune place à l'interprétation.

«Désolé, écrit la compagnie, le contenu du Kindle ne peut pas être revendu ou cédé ou transféré entre deux comptes. Les achats et les téléchargements de contenus numériques chez Amazon.com, incluant les documents acquis en passant par le Kindle Store, sont liés seulement au compte de l'usager qui a effectué l'achat. Par conséquent, ils ne sont pas transférables».

La logique, dont s'amuse Jarrard dans sa chronique, est aussi technique qu'administrative. Mais elle donne du coup un nouveau visage à la modernité dans laquelle les passions littéraires ne vont plus se transmettre de la même façon entre les générations et où les héros de roman ne vont plus survivre dans le cercle familial après la disparition de celui ou celle qui les y avait fait entrer.

Et bien sûr, pour toutes ces raisons, il est difficile de parler ici d'évolution.
8 commentaires
  • Pierre Forget - Inscrit 22 mai 2012 19 h 57

    Est-ce que çà tient en cour?

    Bonjour,

    Je serais surpris si cette option tenait en cour. En effet, imaginez un grand amateur de livres qui lègue sa bibliothèque électronique et ses héritiers veulent en profiter. Imaginez une bilbio de $100,000, par exemple. C'est sûr qu'ils iront en cour. Et même si le bien est immatériel, sa valeur est toujours là. Un beau cas pour la cour suprême...
    L'autre solution est de vivre éternellement...

  • Dominic Gaboury - Inscrit 22 mai 2012 21 h 20

    Pas transférable, mais légable

    Les livres ne peuvent être transféré d'un compte à un autre, mais vous pouvez laisser votre compte d'usager et votre mot de passe à vos héritiers. Le résultat sera le même.

    • Émile Essent - Inscrit 24 mai 2012 23 h 36

      Alors, je lègue mes livres de A à K à mon fils, ceux de L à Z à mon fils... Hummmm !!!

    • Lysette Laurier - Inscrite 28 mai 2012 12 h 53

      sauf si le web tombe entre les mains de dictateurs...je suis pourtant une grande idéaliste mais la question m'est venue comme ça...

  • Jean-Sébastien Fréchette Demers - Inscrit 22 mai 2012 21 h 27

    La réponse : Le piratage

    Malheureusement, le problème de prêt et de don de livre électronique à une réponse bien simple : le piratage.
    Le piratage est une conséquence de la trop grande rigidité des vendeurs légaux. Je pense que les éditeurs auraient intérêt à offrir la possibilité de «prêt électronique» ou tout autre forme d'échange qui permettrait de faire découvrir des livres sans avoir à payer.

  • Hugo Dufort - Inscrit 22 mai 2012 23 h 20

    Le livre numérique est un service, un abonnement

    Le livre numérique est un service et non un bien. Il se rapproche davantage d'un abonnement personnel que de l'achat d'un objet dans une boutique. Il suffit de consulter les conditions générales liées à "l'achat" d'un livre numérique pour s'en convaincre. En achetant un bien numérique sans support physique, bien souvent, nous ne nous rendons propriétaires de rien du tout... tout au plus avons-nous le droit d'en afficher le contenu pour une utilisation personnelle.

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 23 mai 2012 10 h 57

    Les Nouvelles Lumières...

    Le commerce électronique entre autre du livre numérique ne tiendra pas le coup devant les Nouvelles Lumières qui sont présentement en plein émergence partout à travers le monde afin de protéger la perpétuation de nos libertés individuelles de cette nouvelle forme de totalitarisme néolibéral, de mondialisme sauvage qui tente de détourner le domaine publique dans les poches d'oligopoles mondiaux tout en restreignant notre droit fondamental à l'information et à l'instruction en ligne accessible à tous sans aucune condition socio-économique. Il n'y a qu'une solution pratique: le libre accès universel à tous les fonds d'édition au monde dans toutes les langues et cultures. La rémunération des auteurs contemporains et de leurs ayants-droits pourrait être assurée par un système de redevances selon les consultations comptabilisées en toute transparence et indépendance grâce à une bibliothèque numérique internationale.

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 24 mai 2012 15 h 28

      Vous avez entièrement raison sur toute la ligne.
      Raz-le-bol de ces profiteurs vampires.
      On permet à …èentreprise privée ce que l’on refuserait avec indignation à un gouvernement qui agirait de la sorte.

      Mort au capitalisme prédateur et vampirique.

      André-Jean Deslauriers