Amitiés numériques entre profs et élèves: pas dans les écoles publiques de New York

Et comment! Tout en reconnaissant l'importance que peuvent jouer les réseaux sociaux dans le processus d'éducation, la Commission scolaire de la ville invite en effet depuis hier tous ses membres à ne plus communiquer avec leurs élèves en passant par leurs comptes personnels. Et ce, histoire d'éviter toutes ambiguïtés et surtout de maintenir une saine distance entre l'éducateur et les oreilles attentives qu'il a parfois en face de lui.

Les amitiés numériques, oui, mais pas entre les profs et les élèves. Le New York City Education Department vient de trancher dans un premier code de conduite touchant les réseaux sociaux, code publié hier et qui appelle les professeurs à la retenue et au jugement lorsque vient le temps de tisser des liens en ligne avec des élèves.

En substance, le document, mis en lumière par le Wall Street Journal, invite les profs à tracer la ligne entre travail et loisir en s'abstenant de communiquer avec leurs élèves par l'entremise de pages personnelles ouvertes sur Twitter ou Facebook.

Sans bannir, ni interdire aux enseignants à investir ces lieux dans leur quotidien éducatif, les autorités scolaires soutiennent même que ces réseaux peuvent être efficacement mis à contribution dans un processus d'enseignement, mais doivent trouver leur place dans un cadre «approprié». Pour cela, la Commission songe d'ailleurs à réclamer une autorisation parentale pour permettre à ses élèves à prendre part à ces conversations numériques.

«À l'ère du numérique, les frontières entre les rapports professionnels et personnels sont parfois brouillées», indique le document. «Dans ces nouveaux espaces de communication en plein développement, nous devons donc chercher et encourager l'exploitation du potentiel de ces univers à des fins éducationnelles, et c'est pour cela que nous devons également encourager un usage approprié et acceptable de ces outils très puissants».

L'adoption de ce manuel pour un bon usage des réseaux sociaux par la gent professorale au temps du 2.0, le premier à l'être dans les écoles publiques de New York, survient alors que le nombre de plaintes portées contre des profs pour comportement inapproprié dans les univers numériques est en pleine croissance depuis 2008, rappelle le New York Times. Les enquêtes à ce sujet sont passées de deux à 59 en deux ans à peine. Et bien sûr, la Commission, en appelant ses enseignants à faire aussi la part des choses en format 2.0, espère que cela va s'arrêter là.

Visiblement très préoccupé par les effets, pervers ou pas, de la modernité sur sa mission première — l'enseignement —, le réseau des écoles publiques de New York multiplie depuis plusieurs mois les prises de position sur le terrain numérique, parfois de manière amusante.

L'automne dernier, la Commission a en effet décrété l'interdiction à tous ses élèves d'entrer dans un de ses établissements avec un téléphone cellulaire. La mesure a fait apparaitre sur les trottoirs de la Grosse Pomme un service de «gardiennage» de ces téléphones dans des camions utilisés généralement pour la vente de nourriture à emporter.

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