Vieux, mais branchés: l'âge d'or s'empare des réseaux sociaux

Ne vous demandez plus ce que fait votre grand-mère pendant ses journées: elle est sûrement sur Facebook, LinkedIn ou Twitter. Un doute? En deux ans, la représentation des 50 à 64 ans dans ces nouveaux lieux de communication a bondi en effet de plus de 100 %, selon une étude que le Pew Research Center (PRC) vient de dévoiler.

Pis, alors que cette tranche d'âge vient apporter un peu de maturité à ces réseaux, les jeunes adultes, eux, commencent à donner des signes d'essoufflement, indique la même étude qui confirme plus que jamais l'inéluctable numérisation des rapports sociaux qui est en cours: désormais 65 % des Américains marient vie sociale et codes binaires, contre 61 %, un an plus tôt.

Sans surprise, ce sont bien sûr toujours les jeunes qui dominent en matière de socialisation en ligne: ils sont 83 % à fréquenter les sites dédiés à ce sport international, selon les derniers relevés du Pew effectué dans le cadre de son projet de recherche longitudinal sur l'Internet et la vie des Américains. Les 30-49 ans suivent, pas très loin avec 70 %.

À l'inverse, la proportion d'aînées, elle, s'est considérablement accrue dans la dernière année, constate l'organisme. Des chiffres? En 2009, 25 % à peine des 50 à 64 ans disaient fréquenter de manière régulière les Facebook, Twitter, LinkedIn — et désormais Google + — de ce monde. Cette année, ils sont 51 % à se vanter de posséder une vie numérique. Un tiers des 65 ans et plus en font d'ailleurs autant, alors qu'ils n'étaient que 13 % à se perdre dans les réseaux sociaux en 2009.

Ce nouveau portrait a d'ailleurs inspiré un commentaire estival à Mary Madden, co-auteur du rapport: «Alors que les séniors testent la température de l'eau, a-t-elle dit, un nombre grandissant de baby-boomers commence à mettre dans leur routine quotidienne une baignade dans la piscine des réseaux sociaux».

Fait à noter: en faisant grimper l'âge moyen de l'homo reseautus numéricus, les têtes grises — qui ne le cachent pas sous des teintures — apportent également un peu de sagesse en ces lieux en ne se montrant pas trop dépendants de ces outils et surtout en limitant leur exposition quotidienne, selon le PRC.

Ailleurs dans cette quantification des comportements humains, le Pew fait ressortir également une féminisation de l'activité sociale numérique, un processus qui va en s'accentuant depuis l'arrivée de ces espaces d'échange dans nos vies. En mai 2011, 69 % des adeptes du blabla en format binaire était des femmes, dit l'organisme, contre 60 % qui étaient des hommes. «Les femmes sont aussi plus actives dans ces réseaux», poursuivent les auteurs, puisque la moitié (48%) s'y expose plusieurs fois par jour, tous les jours. Son pendant masculin fait la même chose dans une proportion de 38 %.







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