Twitter et la première question à l'administration Obama

Photo: White-House.gov

On savait l'administration Obama sensible à la chose numérique. On en a aujourd'hui une nouvelle preuve: régulièrement, à l'avenir, la première question adressée au porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, sera puisée à même le réseau de microclavardage Twitter.

 Et c'est en ces lieux que la voix du président en a fait l'annonce hier, dans un message forcément contenu en moins de 140 caractères.

«Beaucoup de gens ayant un jour regardé le point de presse quotidien du porte-parole de la Maison-Blanche ont probablement souhaité poser une question à la Maison-Blanche, peut-on lire sur le blogue de la présidence américaine. Et bien voici votre chance! Aujourd'hui, nous lançons un nouveau type d'engagement numérique baptisé la Première Question qui va utiliser Twitter pour collecter les questions auxquelles le porte-parole va répondre.»

L'appel a été entendu puisque 300 suiveux, des 108 000 qui composent le bassin d'abonnés de Gibbs sur Twitter, lui ont envoyé hier une question accompagnée du «hashtag» — ces marqueurs de sujets et thématiques dans cet environnement — «#1q» pour entrer dans la catégorie des «premières questions». La Maison-Blanche se charge alors de sélectionner l'une d'elles à laquelle le porte-parole répond en format vidéo. Parce qu'il faut bien vivre avec son temps.

C'est un certain M. Lynch qui a ouvert le bal en questionnant l'équipe Obama sur les raisons du déplacement officiel du président en Inde prévu à la fin de la semaine prochaine. Un questionnement qui, certes, porte peu à conséquence à un moment où l'Amérique se prépare à aller aux urnes pour des élections de mi-mandat. Mais elle vient toutefois alimenter cette vague de changement dans la communication politique amorcée par Barack Obama avant même son entrée dans l'illustre maison.

Le geste est hautement significatif, souligne le quotidien The Nation, qui rappelle que, traditionnellement, la première question adressée au porte-parole de la Maison-Blanche provenait de la salle de presse de l'institution que seuls les journalistes accrédités des grands réseaux et journaux nationaux peuvent fréquenter.

Twitter vient donc changer la donne démocratique en ouvrant la porte de cette salle, virtuellement, à de simples citoyens. Une révolution négocier toutefois en douceur par l'administration Obama qui, pour ne pas trop brusquer les choses, a choisi de répondre au public en passant par une vidéo — dont le cadrage n'est pas sans rappeler une certaine intervention de Stéphane Dion, d'ailleurs — enregistrée dans le bureau du porte-parole, plutôt que par une réponse formelle derrière le pupitre officiel de la Maison-Blanche.
2 commentaires
  • Serge Granger - Abonné 30 octobre 2010 08 h 40

    Fumisterie ou marketing ?

    Je voudrais rappeler que dès son arrivée au pouvoir, l'administration d'Obama avait lancé une consultation populaire sur internet pour demander au peuple quelle question devrait être abordé par la nouvelle administration. Les 92 000 participants ont soufflé des tonnes de sujets et c'est celui de la légalisation de la marijuana qui arriva premier. Obama a bien rit et il a ignoré cet exercice «démocratique». Le «yes we can» a très rapidement changé pour le «no I can't». Bref, donnons-nous un paravent de cyber-consultation pour institutionnaliser le NO WE CAN'T.

  • Serge Granger - Abonné 30 octobre 2010 10 h 02

    0 réactions

    Excusez-moi, je croyais que c'était un blogue