Le politicien tweet et il le crie haut et fort

C'est un truisme qui tient en moins de 140 caractères: les politiciens investissent de plus en plus les réseaux sociaux pour intéresser un électorat en mutation, parfois de manière plus amusante que d'autres.

C'est le cas du sénateur républicain américain Chuck Grassley, représentant de l'Iowa. Dans le cadre de l'actuelle campagne électorale de mi-mandat aux États-Unis, l'homme a décidé de se présenter comme le candidat branché de l'heure en tournant à son avantage, dans un message publicitaire, les peurs de l'électeur — et électrice — de base face aux réseaux sociaux. Le Time en parle d'ailleurs comme de la meilleure campagne virale de 2010. Rien de moins.

Le vieux politicien s'y démarque en effet en affirmant haut et fort être resté dans l'air du temps. «Je texte, je tweet, je fais tout ce qu'il faut», dit-il. Sublime.

Pour Grassley, l'exploitation du site de microclavardage Twitter, tout comme de Facebook, par la gent politique va de soi. Au nord du 49e parallèle, le technologiquement épidémique Denis Coderre ne dira certainement pas le contraire.

Le jeu peut toutefois être risqué comme vient de le découvrir le ministre ontarien de la Recherche et de l'innovation, Glen Murray, qui vient de mesurer la portée d'un message aussi court qu'un tweet qu'il a envoyé samedi dernier pour commenter la course à la mairie de Toronto. Le candidat — aujourd'hui maire — Rob Ford y était présenté comme le représentant d'une «droite bigote et ignorante». Stephen Harper et le chef de l'opposition en Ontario Tim Hudack sont logés à la même enseigne dans ce micro-message.

Fondée ou pas, l'analyse a soulevé l'ire d'Hudack, rapporte la Presse Canadienne qui souligne au passage que l'émetteur a, du coup, été obligé de s'excuser. L'opposition réclame malgré tout sa démission comme pour démontrer que les dérapages, finalement, ne sont pas le privilège des tribunes numériques.