Salman Rushdie: dix ans de réclusion en format numérique

image Les plus vieux ne l'ont certainement pas oublié. En 1989, l'écrivain britannique Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques est contraint de se cacher après que l'Ayatollah Khomeini d'Iran ait lancé une fatwa de mort contre lui. Motif? Le bouquin insulte l'islam et du coup tous les musulmans de la planète — assez fanatiques pour le faire, s'entend — sont invités par le leader religieux à traquer l'homme de lettre pour l'abattre. Pour un livre dont la valeur littéraire est inversement proportionnelle à l'énormité de la sanction, c'est délirant! Vingt ans plus tard, et alors que le gouvernement iranien a techniquement levé l'appel — odieux et/ou absurde et/ou stupide et/ou obscurantiste — au meurtre en 1998, l'Université Emory d'Atlanta aux États-Unis a décidé de revenir sur ce sinistre épisode dans l'histoire de la liberté d'expression. Et par la porte numérique, s'il vous plait! À compter de vendredi prochain, l'institution scolaire va en effet offrir un accès presque complet aux archives de l'écrivain qui relate sa vie recluse au temps de la condamnation religieuse. Cela aura duré près d'une décennie, quelque part en Grande-Bretagne. Un moment qui s'appréhende désormais par l'entremise de fichiers numériques produits sur un vieux Mac, de bouts de journal intime, de notes prises pour l'écriture de nouvelles ainsi que de manuscrits témoignant autant de son processus de création que des campagnes qu'il a porté pour les droits humains. Et, en attendant le début de cette expo, qui possède un miroir en ligne, l'Université attise déjà la curiosité avec quelques vidéos, dont une où l'environnement informatique de l'auteur est gentiment disséqué par un groupe d'étudiant.