La socialisation numérique ne tue pas la socialisation

image Et bien voilà qui est dit: la prolifération des accès à Internet, des téléphones cellulaires, mais aussi des courriels, des Facebook, Myspace et Twitter n'ont pas pour effet, comme le veut la croyance populaire, de tuer les rapports sociaux en favorisant l'isolement. Que non! Et c'est un prof de l'Université de Pennsylvanie, Keith Hampton, qui l'affirme dans une étude exhaustive portant sur l'isolement social et les nouvelles technologies. La chose a été réalisée dans le cadre du Pew Internet & American Life Project et a été rendue publique hier. Après avoir sondé le coeur et les pratiques de 2500 Américains branchés, le scientifique est catégorique: «l'étendue de l'isolement social n'a guère changé depuis 1985 [soit un temps où le téléphone filaire, la télévision, le fax et la radio dominaient le monde des communications]», écrit-il.

Pis, la technologie semble même décupler les réseaux sociaux de ceux qui s'en servent indique l'enquête qui estime que 55% des Internautes discutent de sujets importants avec des personnes autres que celles de leurs familles. Contre 45 % dans la population en générale. Il y a toutefois un «mais»: en conjuguant son existence au temps de Facebook ou de Myspace, l'humain perdrait du coup un tiers de ses chances de faire connaissance avec ses voisins, sauf si ses voisins fréquentent la bibliothèque du coin, haut lieu de l'interaction sociale pour les adeptes du tout technologique: aux États-Unis, l'endroit est fréquenté par 38 % des citoyens numériques pour accéder à Internet.

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