Le Mur, en 140 caractères et en chinois

image À moins d'une semaine de la commémoration de la chute du Mur de Berlin en Allemagne — il est tombé le 9 novembre 1989 —, la mémoire collective s'active depuis quelques jours dans le cyberespace où elle prend même des formes inusitées. C'est l'impression que laisse en tout cas The Berlin Twitter Wall, un espace de réflexion imaginé par le Kulturprojekte Berlin, une association culturelle de la capitale teutonne. L'antenne allemande de Reporter sans frontière est également dans le coup. L'endroit se veut un lieu de réflexion sur la chute du Mur tout comme sur les murs érigés ailleurs sur la planète et qui méritent de tomber «pour un monde meilleur». Le tout, à la manière de Twitter, le réseau de micro-clavardage, soit par des messages ne pouvant pas excéder les 140 caractères. L'exercice de synthèse est compliqué, mais pas pour les Chinois...

L'exercice de synthèse est compliqué, mais pas pour les Chinois... qui semblent avoir pris d'assaut ce mur virtuel pour dénoncer leurs conditions et la censure qui prévaut dans leur coin de globe. Sur les 3000 messages déposés à ce jour, près de la moitié se présente dans la langue de l'Empire du Milieu. Une situation qui irrite fortement, on s'en doute, les autorités chinoises qui cherchent par tous les moyens à censurer l'espace jugé «politiquement sensible». Et ce, dans un paradoxe appréciable qui consiste finalement à construire un mur invisible pour se protéger d'un mur disparu. Parce que la modernité est ainsi faite.

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