De chemin de fer à Chemin Vert

Le sentier mixte des Carrières, au sud de la rue Beaubien, fera partie du futur corridor naturel.
Photo: Société de développement environnemental de Rosemont Le sentier mixte des Carrières, au sud de la rue Beaubien, fera partie du futur corridor naturel.
Un vent de renouveau soufflera dès ce printemps sur l’ancienne emprise du Canadien Pacifique qui lézarde le quartier Marconi-Alexandra, au cœur de l’arrondissement montréalais Rosemont–Petite-Patrie. À l’abandon depuis des années, les abords du chemin de fer feront l’objet d’un projet de verdissement et d’aménagement chapeauté par la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER) et qui devrait être complété d’ici 2018.

L’objectif ? Créer un corridor vert en plein cœur d’un des quartiers les plus touchés par les îlots de chaleur, tout en soulignant le passé industriel du secteur. « En tout, ce sont plus de 10 000 mètres carrés de bitume qui pourraient être transformés, note le chargé de projet de la SODER Mikael St-Pierre. Et ce n’est que le tronçon visé par notre projet. En raison de son histoire, le quartier est presque tout en asphalte. Il a joué un rôle majeur dans le développement de Montréal, mais aujourd’hui il est habité par plus de 2000 personnes, il ne faut pas les oublier. »

Le projet Chemin Vert Marconi-Alexandra tel qu’il est présenté actuellement devrait s’étirer sur un peu plus d’un kilomètre. Le sentier mixte des Carrières, au sud de la rue Beaubien, le terrain de l’ancienne emprise ferroviaire du CP situé en face et les stationnements privés à l’ouest de la rue Marconi formeront le futur corridor naturel. Ces trois secteurs représentent, dans l’ordre, les trois phases de conception. Si tout se passe bien, les plans de la première devraient être réalisés dès cet été, pour que les aménagements soient prêts au début de l’automne.

Plus qu’un simple espace de biodiversité, la SODER souhaite créer un lieu de rencontres où pourront aussi fleurir les interventions culturelles et artistiques. « Il y a déjà une belle solidarité dans ce quartier, insiste le jeune urbaniste. Par contre, le secteur est très pauvre en espaces communs. Il y a un parc — le parc Mozart —, et c’est tout ! Les gens n’ont pas d’endroit pour se rencontrer, pour flâner. »

Implication citoyenne

Pour donner vie à son Chemin vert, la SODER compte faire appel aux usagers de proximité. « L’idée est de donner la parole à ceux qui habitent Marconi-Alexandra, mais aussi ceux qui y passent, lance avec enthousiasme Mikael St-Pierre. C’est un coin dynamique, en pleine ébullition. Nous voulons entendre ceux qui vivent dans le quartier ! »

Les citoyens intéressés seront d’ailleurs invités dès le 20 mars prochain à une première rencontre réflexive à l’Esplanade, de 13 h à 17 h, où ils pourront présenter leur propre vision du projet. « Nous désirons connaître ce que les gens ont à dire, souligne celui qui travaille pour la SODER depuis près de deux ans. Nous ne nous voyons pas comme de simples concepteurs. Nous souhaitons aller chercher les idées des gens et nous assurer qu’elles pourront voir le jour. Le processus de cocréation est particulièrement important, on veut mettre le crayon entre les mains des usagers ! »

Déjà quelques dizaines de personnes ont manifesté leur intérêt. Dans l’optique de permettre au plus grand nombre de gens de s’impliquer, la SODER ira à la rencontre des résidents du quartier dans les prochains jours pour s’assurer que tous ont bien reçu l’information.

Pour mener à bien le projet, la SODER s’appuie, pour l’instant, sur une enveloppe budgétaire de 148 628 $, fonds qui ont été accordés à l’organisme par la Ville de Montréal dans le cadre de l’appel de projets pour revitaliser les abords du site Outremont. L’organisme compte toutefois aller chercher davantage de financement pour pouvoir mener à terme un projet à la hauteur des ambitions des citoyens.

Reverdir le parc des Gorilles

La seconde phase du projet proposée par la SODER devrait, si tout se passe bien, se concentrer sur le parc des Gorilles — cette ancienne friche boisée dont la destruction par le groupe Olymbec en mai 2013 avait soulevé l’ire des citoyens du quartier. Il est toutefois encore trop tôt pour dire de quelle façon cela prendra forme. Rappelons que la parcelle saccagée a été mise en réserve foncière par l’arrondissement, mais que le processus d’acquisition par la Ville de Montréal est toujours en cours.