Rêver la ville de demain

L'hôpital Royal Victoria, vide depuis avril 2015, est l'un des sites sur lesquels pourraient se pencher les participants.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir L'hôpital Royal Victoria, vide depuis avril 2015, est l'un des sites sur lesquels pourraient se pencher les participants.
Du Silo no 5 dans le Vieux-Port aux hôpitaux du Mont-Royal en passant par le square Viger, les sites et les bâtiments vétustes pullulent sur le territoire montréalais. Dans l’espoir de leur donner un second souffle, de jeunes diplômés à la maîtrise en architecture impliqués au sein de l’initiative citoyenne de la Coalition climat Montréal lancent Morph.o.polis, un concours créatif. Ce dernier s’inscrit dans le cadre des activités du marathon créatif de la consultation publique sur la réduction de la dépendance de Montréal aux énergies fossiles (VertMTL).

L’objectif ? Explorer les différentes avenues qui pourraient s’offrir au parc immobilier vieillissant — patrimonial ou non — de la métropole. Résidences étudiantes nouveau genre, églises à panneaux solaires, skate parc coloré… Les possibilités sont infinies quand vient le temps d’offrir une seconde vie aux édifices et autres places en mal d’amour. « La ville change sans cesse, lance Véronique Lemay, l’une des nombreuses têtes derrière l’événement. Elle vieillit et, avec elle, les bâtiments prennent de l’âge. Ces transformations viennent avec leurs lots de problématiques. Avec Morph.o.polis, nous voulons que les gens réfléchissent à ces changements, qu’on repense ensemble à comment il est possible de faire la ville autrement. »

À l’heure où les changements climatiques alimentent bon nombre de débats, ces questions sont d’autant plus pertinentes, estime la jeune femme. « Est-il possible de concevoir la ville pour réduire nos pertes énergétiques ? De mettre sur pied des systèmes d’habitation interconnectés ? De reconvertir des bâtiments arrivés au bout de leur première vie utile ? » Les participants devront répondre à ces questions à travers la lunette d’un seul projet. « Les équipes doivent choisir un site à Montréal et le penser autrement. »

Les amoureux de Montréal sont donc invités à soumettre leur candidature d’ici vendredi à 23 h. L’inscription se fait en quelques clics à peine. Les équipes auront ensuite jusqu’au 24 février pour concrétiser leur idée et préparer leur dossier de présentation. Ce dernier devra comprendre un court manifeste, deux panneaux explicatifs et une image clé illustrant leur idée. Déjà, une vingtaine de groupes — dont un de France, un de Toronto et un de Chicago — ont fait savoir qu’ils se prêteraient à l’exercice.

Et pour participer, nul besoin d’être un expert urbain ou d’avoir une formation en architecture. Chaque équipe qui souhaite soumettre sa candidature doit toutefois comprendre au moins une personne issue d'un domaine de l'aménagement (architecture, urbanisme, design urbain, design de l'objet, industrie ou de l'environnement). « L’idéal serait d’avoir des équipes multidisciplinaires, soutient Véronique Lemay. De combiner les savoirs des architectes, des ingénieurs, des urbanistes, des sociologues… »

Dernier droit du concours, un jury se penchera sur les différentes propositions soumises pour en choisir deux qui ressortent du lot. Les autres équipes pourront, pour leur part, présenter leur bâtiment rêvé lors de la cérémonie de clôture — et de dévoilement des gagnants — le 25 février en soirée.

Ultimement, les manifestes de toutes les équipes seront colligés en un seul mémoire qui sera remis à l’Office de consultation publique de Montréal pour la suite de VertMTL. À noter à vos agendas: une seconde édition de Morph.o.polis est déjà prévue l'an prochain en vue du 375e de la Ville de Montréal.