Pourquoi MEC a choisi la banlieue?

Établi dans le quartier Saint-Roch depuis 12 ans, MEC est facilement accessible à pied, en vélo et en autobus, ce qui n’est pas le cas de son nouveau site dans Lebourgneuf, près des Galeries de la Capitale.
Photo: MEC Établi dans le quartier Saint-Roch depuis 12 ans, MEC est facilement accessible à pied, en vélo et en autobus, ce qui n’est pas le cas de son nouveau site dans Lebourgneuf, près des Galeries de la Capitale.
La décision de la boutique de plein air Mountain Equipement Coop de déménager en banlieue fait bien des mécontents à Québec. Sur les réseaux sociaux, des internautes projettent même de se réunir pour remettre leur carte de membres à la boutique samedi prochain.

« Considérant le départ de MEC vers les Galeries de la Capitale et le mécontentement général lié à cette nouvelle, je crois qu’il est de mise de rapporter notre carte de membre pour exprimer notre déception », peut-on lire sur la page Facebook du groupe Gardons MEC au centre-ville de Québec. Au moment d’écrire ces lignes, 93 personnes participaient à l'événement «Rapporte ta carte MEC».

Établi en plein cœur du quartier Saint-Roch depuis 12 ans, MEC est l’un des rares établissements du genre dans le centre-ville. Les mécontents font valoir qu’il est facilement accessible à pied, en vélo et en autobus, ce qui n’est pas le cas de son nouveau site dans Lebourgneuf, près des Galeries de la Capitale. D’autres vont valoir que sa présence au centre-ville loin des immenses stationnements des centres d’achat est plus cohérente avec ses valeurs sur le plan environnemental. Le déménagement est prévu pour fin 2016, début 2017.

Mercredi, l’entreprise a justifié sa décision dans un communiqué. « 80 % des 138 000 membres MEC de la région vivent et sont actifs à l’extérieur du centre-ville. En emménageant à 8,8 km de l’emplacement actuel, MEC permet donc à la majorité de ses membres d’accéder plus facilement à son magasin en empruntant l’autoroute 40, l’une des deux voies cyclables à proximité, ou encore l’un des dix autobus qui s’y rendent, dont le Métrobus 803 », fait-on valoir.

« Nos membres ont évolué en 12 ans », ajoute-t-on. « Ils pratiquent plus d’activités différentes, et le font plus souvent près de la maison en semaine. »

Le magasin souligne qu’il pourra presque doubler son espace et donc offrir plus de produits pour le kayak et le surf notamment.

 
5 commentaires
  • Serge Sokolski - Abonné 3 février 2016 18 h 42

    Un MEC comme les autres....

    Je vais aussi remettre ma carte de membre. Je fais partie du 20% qui ne vit pas en banlieue avec voiture(s) et je n'ai pas envie de me taper 2 heures AR pour y aller en bus. Je pensais que MEC, une coopérative, avait des visées autres que seulement capitalistes. Je me suis trompé. Ils m'ont trompé. En plus, le magasin va laisser un vide qui sera sans doute comblé par des appartements (les rumeurs vont en ce sens). Plus de résidences en ville, moins de commerces. La ville meurt et se transforme en immense dortoir. Bravo MEC: comme les autres! Vos discours écolos ne sont que du vent.... On pourrait mettre une éolienne, tiens.

  • David Huggins Daines - Abonné 4 février 2016 11 h 41

    Pendant ce temps à Montréal

    Je me suis toujours demandé la même chose par rapport à leur magasin à Montréal. Dans les autres grandes villes canadiennes, MEC à choisi de se situer au centre-ville (oui, même à Calgary, royaume de la banlieue et du gros truck!) ou dans un quartier central. J'ai été grandement déçu en apprenant que leur magasin rue St-Denis ne vend que des vêtements... le Marché Central n'est pas si loin que ça mais ce n'est peu pratique ni très agréable d'y aller à pied, en autobus, ou à vélo (et je le fais souvent).

    Mais finalement ça a peut-être une bonne décision stratégique étant donné que le Québec accuse un immense retard sur le ROC en matière d'urbanisme, transports collectifs, et la lutte à l'étalement urbain...

  • Simon Lachance - Abonné 4 février 2016 13 h 06

    Un COSTCO comme les autres

    Même chose ici, visiblement, les dirigeants de l'entreprise n'ont visiblement jamais parcouru les féériques 8,8 km qui séparent les galeries de la Capitale du centre-ville. il va vraiment falloir m'expliquer longtemps comment déménager dans un champ d'asphalte où la majorité des utilisateurs va aller en voiture, avec un ou deux passagers maximum est un "concept d’aménagement plus vert. "

  • Philippe R. Richard - Abonné 5 février 2016 07 h 18

    Prendre exemple sur Paris

    Avec son approche «entrepôts», le MEC encourage visiblement l'usage de l'automobile en se situant à l'un des endroits les plus mals communiqués de Québec, du moins pour la marche, le vélo, le ski de fond, le kayak, etc. Il pourrait prendre exemple sur le «village» de 30 boutiques décentralisées autour du
    48, rue des Écoles, en plein coeur de Paris, où le magasin Le vieux campeur est parfaitement capable d’offrir toute de sorte d'embarcation pour les plaisanciers. Évidemment, on peut y aller à pied, en métro, en train, en autobus, etc. – tous d’excellents moyens collectifs pour les bipèdes sociaux que nous sommes – et peut-être aussi en kayak, puisque ce village est situé à environ 300 mètres de la Seine, tout comme le MEC actuel à Québec... Mais aux Galeries, la rivière Saint-Charles, théoriquement à un peu plus d'un kilomètre du lieu, n'est pas facilement accessible à pied à cause des autoroutes qui coupent les chemins naturels des bipèdes. Même les Kayaks devront prendre la voiture... Quant aux planches de surf qui semblent aussi justifier la décision de l'entreprise, j'ai bien hâte de les voir sur les vagues de la région!

  • Jean Richard - Abonné 5 février 2016 11 h 05

    Trahison

    Tant pis pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre le vernis vert et une vision urbaine et environnementale véritable, ils se sentiront trahis par l'entreprise britanocolombienne.

    Née à l'époque où tout espoir était permis, MEC a grandi, grandi et grandi jusqu'à devenir un géant du matériel de plein air. Et pour mieux installer son empire, l'entreprise a misé sur l'opportunisme – par exemple, son beau magasin écolo du marché central à Montréal a vu le jour avec l'appui financier du gouvernement fédéral (programme C2000 sur les édifices à haut rendement énergétique).

    C'est le même esprit du toujours plus gros et de l'opportunisme qui pousse maintenant MEC à s'installer en banlieue plutôt qu'en ville.

    Mais... MEC ne peut pas à elle seule se substituer à Québec, ville ou état, en matière d'urbanisme. MEC ne quitte pas le centre-ville car le centre-ville n'est plus Saint-Roch depuis plus d'un demi-siècle. Québec, c'est une banlieue sans centre.

    Saint-Roch a subi sous la gouverne de M. Lallier une opération esthétique, comme une vieille femme qui veut cacher ses rides. Le départ de MEC devrait faire sonner une petite cloche : Saint-Roch fonce dans un mur car la résurrection n'a pas vraiment eu lieu. Il suffit de descendre à la gare du Palais en plein jour de semaine pour constater une chose : on est bien loin d'un centre-ville qui pourrait ressembler à celui d'une ville dépassant le demi-million d'habitants.

    Le grand oublié de l'opération jeunesse de Saint-Roch : les transports collectifs. Alors qu'il aurait dû mettre les bouchées triples pour rattraper l'immense retard de sa ville en matière de mobilité urbaine, M. Lallier (et au-dessus de lui, les PLQ-PQ) n'a rien fait – et le retard s'est accentué. Un centre-ville sans transports ? Défi perdu à l'avance.

    Québec a peut-être inventé la ville à l'envers des tendances en se dotant d'un centre-ville dortoir. Le palais de glace et le bonhomme carnaval pourraient suivre MEC.