Autobus: un tarif pour les moins nantis

À Québec, le laissez-passer mensuel général est de 84 $ et le billet à l’unité 2,90 $.
Photo: Yan Doublet Archives Le Devoir À Québec, le laissez-passer mensuel général est de 84 $ et le billet à l’unité 2,90 $.
Un groupe communautaire de Québec cherche à lancer un débat sur création d’un laissez-passer d’autobus moins coûteux pour les personnes à faible revenu comme on le fait pour les étudiants et les aînés.

« En ce moment, ils défont tous les vieux abribus pour en refaire avec une nouvelle technologie. Je me demande comment ça se fait qu’on est capable de faire ça mais qu’on ne pense pas à baisser le montant de la passe », explique Monique Toutant, une militante du Carrefour d’animation et de participation à un moment ouvert (CAPMO).

À Québec, le laissez-passer mensuel général est de 84 $ et le billet à l’unité 2,90 $. Pour une personne à faible revenu, c’est une somme non-négligeable. Certains organismes communautaires paient d’ailleurs les billets d’autobus des gens qui recourent à leurs services pour éviter qu’ils s’en privent à cause du coût du transport.

La ville de Québec n’est pas pire que les autres sur ce plan, reconnaît la porte-parole du CAPMO, Émilie Frémont-Cloutier, mais d’autres villes font beaucoup mieux. C’est le cas de Calgary, qui offre aux moins bien nantis un laissez-passer moins coûteux depuis 2005 à 44 $ par mois. Le CAPMO appelle cela une « tarification sociale ».

Mme Frémont-Cloutier précise que c’est l’équivalent de la tarification pour aînés et qu’elle pourrait être offerte aux gens sous le seuil de faible revenu (22 637 $). À Québec, le prix mensuel étudiant est de 56 $ et celui pour aînés de 47 $.

Impact sur les loisirs

Le CAPMO n’est pas le premier organisme à réclamer un tel tarif. Lors de la dernière hausse des prix au printemps, Accès Transports Viables avait réclamé la même chose. Or, le CAPMO compte approfondir le débat jeudi le 19 en soirée à l’occasion d’une rencontre spéciale dans ses locaux. On présentera alors les résultats d’une enquête menée auprès d’une centaine de résidants de Québec qui fréquentent le milieu communautaire. Les résultats préliminaires montrés au Devoir montrent qu’une majorité de personnes à faible revenu jugent le laissez-passer trop cher.

Les témoignages recueillis révèlent en outre que le prix a un impact sur les loisirs, résume la porte-parole. « Les gens vont couper d’abord dans les transports pour les loisirs », dit-elle. Une dame de St-Sauveur citée dans le volet qualitatif de la recherche affirme « qu’à la fin du mois », elle « n’a plus d’argent pour aller au musée avec les enfants. » Les données recueillies par le CAPMO proviennent autant du centre-ville que des banlieues.
1 commentaire
  • Patrick Provost - Abonné 20 novembre 2015 14 h 39

    Pourquoi pas la gratuité du transport en commun?

    On devrait rendre le transport en commun gratuit pour tous. Cela aurait l'avantage de réduire l'émission de gas à effet de serre en plus de favoriser la marche et l'activité physique. Pour aider à financer ce plan, on pourrait y "détourner" le remboursement en trop des assurances payés par les conducteurs à la SAAQ. Il faut implanter de telles mesures pour aider à préserver l'environnement et pour le bien des générations futures!