​La journée internationale des… stationnements

Photo: Michaël Monnier Le Devoir
Le 18 septembre, des dizaines d’espaces de stationnements de Montréal et Québec seront transformés en lieux de création et de farniente à l’occasion de l’événement international « Parking Day ».

Le temps d’une journée, des citoyens investissent une case stationnement pour en faire ce qu’ils veulent. Certains installent des lieux de détente gazonnés avec des chaises longues ou des parasols. D’autres y aménagent des installations artistiques audacieuses ou des aires de jeu. Bref, tout est permis dans la mesure où on n’en fait pas une entreprise commerciale.

Pourquoi ? « C’est une prise de conscience sur la place qu’occupe l’automobile dans nos villes et sur comment on pourrait récupérer cette place-là en partie », explique Étienne Grandmont de l’organisme qui s’occupe de l’événement à Québec, Accès Transports Viables. « On est bien conscients que les stationnements sont nécessaires dans une ville. Mais on ne pourrait pas en enlever un peu sur rue ? En mettre davantage dans des souterrains ? »

La plupart des règlements municipaux sur les espaces de stationnement sont très restrictifs et interdisent qu’on les utilise pour autre chose, explique son vis-à-vis à Montréal, Félix Gravel du Conseil régional de l’environnement (CRE).

Le citoyen qui décide de l’occuper pour y poser sa chaise et prendre l’air s’expose d’ailleurs à une contravention… même s’il paie le parcomètre.

Dix ans d’existence

Créé à San Francisco en 2005, le « No Parking Day » a lieu depuis tous les ans le 3e samedi de septembre. Il est célébré partout dans le monde mais apparemment c’est à Montréal que la participation est la plus importante, toutes proportions gardées.

L’an dernier, un total de 218 espaces de stationnements étaient occupés aux quatre coins de l’agglomération. Dans l’un d’eux, des citoyens avaient même organisé un « référendum sur l’indépendance de la case de stationnement par rapport à l’automobile », raconte M. Gravel. Évidemment, le « oui » l’a emporté largement.

On voit aussi de plus en plus de firmes d’architectes et de designers y tester leurs talents en aménageant d’audacieuses installations comme ce jeu « Jenga » géant érigé l’an dernier dans une rue de la métropole.

Inscription obligatoire

Pour participer, les gens doivent choisir le stationnement et s’inscrire auprès des organisateurs de l’événement au maximum 48 heures avant le jour J pour que ce dernier obtienne les autorisations nécessaires de la ville.

À Québec, c’est un peu différent. Il faut aussi s’inscrire mais l’événement se déroule sur trois artères prédéfinies : la rue Saint-Jean et les rues St-Joseph et Saint-Vallier. Un projet serait aussi en préparation dans le secteur de l’Université Laval. L’an dernier une trentaine de cases avaient ainsi été occupées.

Ce genre d’événement est clairement dans l’air du temps, selon Étienne Grandmont. Avec le SPOT qui est apparu cette année, des lieux comme la Plaza Limoilou et des initiatives comme les pianos publics, les projets de réappropriation de l’espace urbain se multiplient.

« Ça reflète le goût de se réapproprier la ville, la rendre plus ludique, agréable, plus belle », renchérit Félix Gravel. « Il s’agit d’avoir autre chose qu’une ville fonctionnelle en fait. »

Lien vers l’événement de Québec
Lien vers l’événement de Montréal

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