Hôtels à insectes à Verdun... locataires recherchés

 Le «multiplex» à bestioles de Ruelles Biodiverses vise à attirer des insectes utiles à la pollinisation de diverses plantes.
Photo: Jean-François Caron  Le «multiplex» à bestioles de Ruelles Biodiverses vise à attirer des insectes utiles à la pollinisation de diverses plantes.
Des citoyens de Verdun accueilleront cet été de nouveaux intrus à six pattes dans leur voisinage avec la bénédiction de l'arrondissement. Ils espèrent en effet voir nicher près de chez eux de nouveaux locataires, grâce aux hôtels à insectes qui verront le jour dans deux ruelles vertes. Quatre intrigantes structures en bois devraient s'élever d'ici la fin de l'été dans les ruelles Victor et Gordon & Rielle. 

Recherchés? Coccinelles, bourdons, guêpes et abeilles solitaires, perce-oreille et autres insectes utiles à la pollinisation de diverses plantes. 

En plus d'insuffler un peu d'oxygène et de chlorophylle au macadam de leurs arrière-cours en y plantant plantes et arbustes indigènes, ce regroupement de voisins a décidé d'ajouter ces appâts à insectes utiles à deux projets de ruelles vertes.

«C'est bien de planter des arbres et des arbustes. Mais si on veut vraiment créer un écosystème, il faut faire un pas de plus. Pour accroître la biodiversité de cet environnement urbain, nous avons pensé introduire un hôtel pour insectes. Cela aide non seulement à la pollinisation, mais cela aide à enrichir la chaîne alimentaire», explique Jean-François Caron, initiateur du projet Ruelles Biodiverses.

Selon ce dernier, les abris à insectes sont courants en Europe, ou plusieurs villes, dont Toulouse, les ont introduits dans les parcs et espaces verts pour limiter l'usage de pesticides et favoriser la croissance et la floraison de certains arbres, fleurs et arbustes. Cet hiver, l'instigateur du projet a d'ailleurs testé un modèle format réduit dans son propre jardin en s'inspirant de modèle européen, avant de proposer l'installation de quatre nichoirs à l'échelle du quartier. 

L'idée est toute simple: créer un habitat artificiel qui répond parfaitement aux besoins et petits caprices de petits locataires ailés ou rampants, dans l'espoir que ceux-ci viennent squatter l'endroit et combattre divers prédateurs. 

Pas courant que des gens rêvent d'attirer chez eux toutes sortes de bestioles... «Il se pourrait qu'il y ait des résistances, mais les résidents du voisinage qui appuient ce projet comprennent qu'il s'agit d'attirer des insectes utiles qui vivent dans la nature, pas ceux qui s'introduisent dans les maisons», affirme l'auteur de la page Facebook En vert et pour tous.

Tiges creuses et fagots de planches pour les coccinelles, pots de fleurs remplis de paille et d'argile pour les perce-oreilles, bûches trouées et tiges de bambou pour les guêpes et les abeilles solitaires : toutes les clientèles trouvent chaussure à leurs pieds dans ce «multiplex» à bestioles. «Les gens n'aiment pas beaucoup les perce-oreilles, mais ce sont des alliés au jardin qui tuent les insectes nuisibles comme les pucerons», insiste Jean-François Caron, un résident de la ruelle verte Victor, surnommé «La Victorienne».

Deux des nichoirs seront financés dans le cadre du programme Transforme ta ville du Centre d'écologie urbaine de Montréal (CEUM), et les deux autres se réaliseront grâce aux matériaux fournis par le Groupe Quorum, un promoteur immobilier de la région métropolitaine. Deux des quatre futurs condos à insectes seront érigés dans La Victorienne, et deux autres seront introduits dans la ruelle Gordon & Rielle, qui jouxte un ex-stationnement où foisonnent désormais des plantes sauvages.

«Peu importe le type d'insectes qui s'y installera, on pense que ça va attirer plus d'oiseaux et de chauve-souris. On a conçu un panneau de sensibilisation pour expliquer aux gens l'utilité de ce genre d'outil. Le rôle des insectes en milieu urbain est encore méconnu», ajoute ce résident. 

L'arrondissement de Saint-Laurent a décidé d'implanter l'an dernier un hôtel particulier pour petites bêtes dans le Bois du Parc Marcel-Laurin, construit avec soin par des étudiants du collège Vanier.
 
On saura cet été si l'habitat a été choyé et investi par ces petits locataires, hautement recherchés pour recréer la nature en ville.