​À la recherche des ruisseaux perdus

Carte de N. Bellin, ingénieur et hidrographe de la Marine (1744) 
Photo: Archives de Montréal Carte de N. Bellin, ingénieur et hidrographe de la Marine (1744) 
Est-il réaliste de penser exhumer ou recréer les ruisseaux et rivières disparus dans la foulée l’urbanisation de la ville de Montréal? Au cours des dernières années, cette idée a gagné du terrain, faisant même l’objet d’un documentaire en 2012 avec Rivières perdues, de la réalisatrice Caroline Bâcle.

Projet Montréal a mis le sujet à l’ordre du jour de la prochaine séance du conseil municipal, qui aura lieu le 24 novembre prochain. Le parti d’opposition à l’hôtel de ville présentera une motion afin que Montréal s’engage à protéger les ruisseaux existants et évalue la possibilité d’en créer d’autres dans le cadre de nouveaux projets de développement.

Les rivières et ruisseaux de Montréal ont façonné le développement de la ville, car le long de leurs rives se sont établies industries et habitations.

Dans une récente chronique à MAtv, Mario Robert, chef de la section des Archives de Montréal, rappelait leur histoire. Au cours du XIXe siècle, expliquait-il, ces cours d’eau étaient devenus des égouts à ciel ouvert, suscitant de sérieuses inquiétudes en matière de santé publique.

Les travaux de canalisation ont ainsi débuté vers les années 1837 pour se poursuivre dans la décennie suivante. Avec l’urbanisation, de nombreux cours d’eau sont ainsi disparus sous le béton. C’est le cas, notamment, de la rivière Saint-Martin, qui prenait sa source au sommet du mont Royal et traversait le Plateau-Mont-Royal pour se rendre jusqu’au Vieux-Montréal. Enfoui au pied de la falaise Saint-Jacques, le lac à la Loutre fait aussi partie de la liste des disparus.

Des vertus

Depuis 1988, 20 ruisseaux et cours d’eau font l’objet d’un suivi de la qualité de l’eau et certains d’entre eux, comme le ruisseau de l’Anse-à-l’Orme et le ruisseau de Montigny, sont protégés, précise le conseiller de Projet Montréal, Sylvain Ouellet.

Celui-ci souligne que les ruisseaux représentent une alternative écologique à la construction de coûteux bassins de rétention en contribuant à l’évacuation des eaux de ruissellement lors d’orages intenses.

M. Ouellet évoque la possibilité de profiter du développement du site de l’ancien hippodrome pour recréer le ruisseau qui traversait le site du Blue Bonnets et le secteur de Meadowbrook pour se déverser au pied de la falaise Saint-Jacques. «Est-ce possible de refaire le ruisseau en surface dans sa totalité? Peut-être pas, mais en partie en surface? Probablement», dit-il.

Les ruisseaux offrent bien d’autres avantages sur le plan de la biodiversité et de la qualité de vie, dit-il, en plus d'avoir des qualités esthétiques.