Les futurs paradoxes de la rue Sainte-Catherine Ouest

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir
Priorité aux piétons, mais plus de stationnement aussi. C’est le paradoxe qui se dégage de la première phase de consultation menée par la Ville à propos du réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest, dont le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, faisait le bilan lundi.

Les concepteurs de la Ville ont formulé quatre options d’aménagement dans la foulée de ce coup de sonde estival auprès des citoyens. Dans l’ensemble, la place des piétons demeure un enjeu-clé.

«La population s’attend à des gestes forts concernant la priorité aux piétons», a affirmé M. Desrochers à propos de la consultation estivale, en conférence de presse lundi en insistant sur la réponse forte et enthousiaste des participants. Mais les gens consultés — résidants, commerçants et gens d’affaires, acteurs du tourisme — veulent aussi une augmentation du nombre de places de stationnement pour assurer le caractère commercial de l’artère.

Comment résoudre le paradoxe? «On aimerait un stationnement en périphérie peut-être», avance M. Desrochers. À ce stade-ci, toutes les options demeurent encore ouvertes sur la manière de répondre concrètement aux enjeux. La piétonnisation sera-t-elle complète ou partielle, événementielle ou saisonnière? Le stationnement sur rue sera-t-il épargné? Chose certaine, l’élargissement des trottoirs est une donnée de base du réaménagement.

C’est la prochaine vague de consultation, lancée lundi et articulée autour des quatre options d’aménagement proposées, qui permettra de dégager des scénarios réels en 2015. La construction est prévue pour 2016. La Ville veut toujours faire de cet aménagement un des legs importants du 375e anniversaire de Montréal en 2017.

Mais il est possible que seule une partie des travaux soit réalisée à temps pour la grande fête. La première phase vise les lots entre les rues Mansfield et De Bleury et aux abords du square Phillips.

Les thèmes suivants se dégagent avec force des consultations de l’été:

L’identité et le positionnement de la rue. «Les Montréalais veulent un projet emblématique puisque cette rue fait partie du caractère de la ville.» Certains veulent un boulevard urbain ; d’autres veulent que la rue soit le reflet de ce qu’est Montréal.

L’ambiance, le paysage et le domaine public. « Les citoyens aspirent à créer un rythme plus calme, tout en préservant son effervescence typique. » On veut aussi plus d’arbres, de bancs et de fontaines pour se reposer, et des éclairages ou de l’art public pour l’animer.

Les déplacements. Piétonnisation, transport en commun renforcé et offre de stationnement assurée devront s’harmoniser.

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Les quatre options d'aménagement:

Rue à double sens (A). Pour améliorer la desserte en transport collectif tout en conservant un maximum de stationnement.

Trottoirs élargis (B). La rue est réduite à trois voies, dont une pour le stationnement pour offrir plus de confort aux piétons.

Trottoirs maximisés (C). La réduction à deux voies exclut le stationnement.

Rue avec des espaces multifonctionnels (D). Conversion des deux voies de stationnement en espaces qui peuvent servir à accueillir les piétons, des terrasses, des œuvres d’art ou du stationnement selon les saisons et le contexte.

2 commentaires
  • Simon Cloutier - Inscrit 15 septembre 2014 19 h 39

    Piétonnisation complète

    Incapables de piétionniser la rue la plus fréquentée par les piétons, on demeure dans le tout à l'auto.

    Je ne comprends pas cette fixation, une rue c'est toujours et d'abord pour les autos? Parce que dès qu'on met une voie, tout le reste doit s'y soumettre.

  • Bernard Terreault - Abonné 16 septembre 2014 08 h 02

    L'hiver

    Ne pas oublier qu'il y a un hiver à Montréal. Il faut que l'aménagement facilite l'enlèvement de la neige et des cartons de café et de fastfood. Trop de rues et de trottoirs sont dégoûtants de décembre à mai à Montréal à cause des obstacles au nettoyage.