Des citoyens invités à imaginer Bellechasse

L'équipe de chercheurs derrière «Imaginons Bellechasse» compte présenter les résultats de la consultation publique à l’arrondissement.
Photo: Imaginons Bellechasse L'équipe de chercheurs derrière «Imaginons Bellechasse» compte présenter les résultats de la consultation publique à l’arrondissement.
Imaginer la ville autrement: c’est le défi que s’est lancé une équipe de professeurs de l’Université McGill en mettant sur pied un projet de recherche autour du secteur Bellechasse, cette enclave urbaine située à deux pas du métro Rosemont. À la manière d’une consultation publique informelle, «Imaginons Bellechasse» leur permet, depuis son lancement en 2012, de recueillir les rêves des citoyens du quartier pour rendre ce milieu de vie plus agréable.

Et les avenues possibles ne manquent pas: reverdir les toits pour réduire l’impact des îlots de chaleur, ajouter des traverses piétonnes pour ralentir la circulation, revitaliser les artères principales... Ce ne sont là que quelques-unes des idées qui ont été proposées. D’abord à l’aide de forums de discussions, puis via une plateforme numérique mise en ligne en 2013, les chercheurs ont récolté déjà près d’une vingtaine de suggestions qu’ils s’attellent depuis à mettre en mots et en images.

Une fois les premières ébauches rendues publiques, tout un chacun – résidant ou non – est invité à donner son avis afin que les projets répondent le mieux possible aux besoins citoyens. Des étudiants se chargent ensuite de donner vie aux idées, virtuellement parlant. «Ils sont un peu comme des architectes qui travailleraient avec, et surtout pour, des clients, explique Nik Luka, l’un des professeurs responsables. L’idée veut que les projets évoluent dans le temps, qu’ils s’ajustent aux commentaires et aux demandes des participants.»

Ainsi, un peu comme si on assistait à un dialogue constant, il est possible de voir évoluer les différentes suggestions, les maquettes étant disponibles sur la plateforme Web. 

Un secteur en mouvance

Même si, de l'avis des chercheurs, de nombreux secteurs de Montréal mériteraient d'être revampés, l'équipe de McGill, en collaboration avec le Comité logement de la Petite-Patrie, a d'abord décidé de s'attaquer à Bellechasse en raison de son caractère éclectique.

«C’est un territoire qui bouge beaucoup, affirme Nik Luka. De nombreux changements s’opèrent depuis quelques années, autant démographiques que physiques.» La sous-utilisation de plusieurs espaces entre la rue Saint-Denis et le boulevard Saint-Laurent a également pesé dans la balance. «Il y a [une foule] de terrains vagues qui sont déjà utilisés, habités par ceux qui vivent dans le quartier, soutient-il. Mais imaginez si le formel y mettait son nez!»

Déjà, entre 2007 et 2010, le secteur avait fait l’objet d’une première consultation publique lorsque la Société de transport de Montréal (STM) prévoyait déplacer son centre d’entretien. Faute de moyens, la STM a finalement décidé de mettre le projet sur la glace. «Les préoccupations ont changé, mais il y en a toujours, lance le professeur à l’École d’architecture et d’urbanisme de l'Université McGill. Il y a un souci commun de ce qui arrive – de ce qui arrivera – au quartier dans les prochaines années.»

Si, pour le moment, l’équipe derrière «Imaginons Bellechasse» ne peut garantir que les idées développées dans le cadre de leur travail mèneront à des résultats concrets, ils comptent tout de même les présenter à l’arrondissement. «Il y a un intérêt, c’est certain, soupire le professeur Luka. Mais ce sont des changements qui prennent du temps.»

Il sera possible de participer à la consultation en ligne jusqu'à la mi-août. L'équipe compilera ensuite les résultats pour finalement clore le projet au début de 2015. Les projets retenus devraient être rendus publics en octobre.