147$ pour stationnement illégal de vélo à Outremont

Photo: Jacques Grenier -Le Devoir

Avez-vous déjà essayé de garer un vélo à Outremont? Vaut mieux attacher votre monture «sur les supports à bicyclettes fournis à cette fin», et non sur un lampadaire public, sinon ça peut vous coûter cher. La rondelette somme de 147$, plus précisément.

Le «règlement sur la propreté» de l'arrondissement indique qu'il est interdit «d'attacher une bicyclette ou un animal à un arbre, à un lampadaire, à un parcomètre ou à tout autre mobilier urbain à l’exception des supports à bicyclettes fournis à cette fin dans le cas d’une bicyclette».

Les contrevenants reçoivent un avis indiquant qu'ils ont 48 heures pour enlever leur vélo. Après 48 heures, un représentant de la Ville vient couper le cadenas. Le vélo est envoyé à la fourrière municipale. Pour ravoir leur vélo, les cyclistes doivent payer une contravention de 147$.

Jean-Pierre Fauteux s'est fait saisir son vélo de cette façon, le mois dernier, après l'avoir verrouillé sur la clôture devant chez lui, à l'angle des rues Wiseman et Bernard, à Outremont. La clôture appartient à l'arrondissement. Le vélo a été saisi. «C'est une vraie farce. Une mascarade. Je vais contester cette contravention qui n'a aucun sens», dit-il.

Le cycliste de 55 ans se demande où il va garer son vélo, parce que les supports à bicyclette se font très rares dans le quartier. Et ils sont généralement tous remplis, surtout durant l'été. Il trouve aussi le montant de la contravention totalement disproportionné. «C'est comme si les responsables de l'arrondissement voulaient décourager l'utilisation du vélo», dit Jean-Pierre Fauteux.

L'arrondissement d'Outremont travaille sur un plan pour ajouter des supports à vélo dans les prochains mois, indique Sylvain Leclerc, porte-parole de l'arrondissement. Quant au règlement AO-78, il vise à protéger le mobilier urbain contre les bris, selon lui. «Quelques dizaines» de vélos attachés à du mobilier urbain sont ainsi saisis chaque année par l'arrondissement, explique-t-il. Jean-Pierre Fauteux confirme: il dit avoir vu une centaine de bicyclettes saisies, au garage municipal. Après un an, les vélos sont donnés à un organisme communautaire, selon Sylvain Leclerc.

«Plusieurs propriétaires de ces vélos ont sans doute cru se l'être fait voler. Ils n'appelleront pas la Ville pour savoir où se trouve leur vélo», déplore Jean-Pierre Fauteux.

Le porte-parole de l'arrondissement indique que seulement deux constats d'infraction de 147$ ont été émis en 2013, malgré les dizaines de vélos saisis. Tous les autres vélos ont été abandonnés par leur propriétaire.

 

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