Tracel de Cap-Rouge : au-delà des mauvais souvenirs

Photo: The Valentine and Sons Publishing Co LTD, Collection Magella

Le secteur de Cap-Rouge à Québec célèbre ces jours-ci le 100e de son «tracel». Et ce, même si le vieux pont suspendu a une histoire entachée par le drame.

La vieille infrastructure est à Cap-Rouge ce que le Pont de Québec est à la capitale dans son ensemble : le témoin d'une époque de grands ouvrages et un symbole identitaire.

Et pourtant le mot «tracel» ne veut rien dire en tant que tel. Comme l'a expliqué l'historien Jean-Marie Lebel dans un texte sur le sujet, il résulte d'une déformation de l'anglais. Les résidants du coin l'appelaient ainsi en référence à l'expression «trestle bridge» (pont sur chevalets).

Sa construction au début du siècle avait en soit suscité la controverse en raison de dépassements de coûts importants. Lancé par Wilfrid Laurier, il avait coûté 800 000 $ aux contribuables, une fortune pour l'époque.

En plus, les résidants du coin n'étaient pas tous gagnés au projet. «Cap-Rouge est un très bel endroit et certains disaient que ça allait détruire le paysage», résume François Bouchard, chargé de projet pour les fêtes du centenaire. «Mais au final, ça donne quand même un site national de génie civil.»

Plus récemment, on le connaissait surtout comme un lieu funeste. Entre 1989 et 1995, treize personnes dont plusieurs jeunes s'y étaient enlevé la vie. Après avoir subi les pressions de la coroner Louise Nolet notamment, le Canadien National avait fini par y installer tout un dispositif de sécurité.

«Le CN avait installé beaucoup de barrières pour empêcher le monde de passer. Avec des caméras puis de la surveillance», précise M. Bouchard et soulignant que la séquence de drames est chose du passé.

Aujourd'hui, le pont est toujours en fonction et au moins trois trains de marchandises y passent chaque jour mais à faible vitesse (moins de 20 kilomètres à l'heure). M. Bouchard mentionne que le tracel est encore bien solide et qu'il peut supporter «quatre fois la charge prévue par les normes».

Les célébrations du 100e ont débuté il y a quelques mois déjà mais culmineront la fin de semaine des 7 et 8 septembre. Selon M. Bouchard, l'activité à ne pas manquer est la démonstration de trains miniatures à l'école Marguerite D'Youville.


 
1 commentaire
  • Jean Georges Laporte - Abonné 26 août 2013 21 h 41

    Le tracel de la Rivière du Milieu

    Un tracel semblable existe près de La Tuque précisément à la Rivière du Milieu. Moins long mais plus haut de quelques mètres. Même structure et bâti au début du siècle. Ce n'est pas très esthétique mais extrèmement solide. Aujourd'hui on construit des viaduques et pont plus beau mais leurs durées de vie pas mal plus courte. Je peut vous dire que prendre une photo du haut du pont on a une très belle vue sur la forêt au loin.