Que faire avec les panneaux publicitaires numériques?

Photo: François Desjardins

Dans certaines villes des États-Unis, cet énorme panneau électronique de Titan, situé en bordure de l'autoroute 40 dans l'est de Montréal, serait interdit. En sol américain, la bataille est en cours depuis plusieurs années et les intérêts sont déjà bien campés (voir ici et ici).

Alors que les entreprises d'affichage présentent les panneaux numériques comme un développement révolutionnaire dans le monde de la publicité, certaines villes américaines sont devenues un lieu d'affrontement entre grandes sociétés (CBS, Clear Channel, etc.), conseillers municipaux et citoyens inquiets de l'impact visuel et de la sécurité routière.

Au mois de juin, c'était au tour de la ville d'Ann Arbor, dans l'État du Michigan, d'interdire ces panneaux de haute résolution, visibles de très loin, que l'on trouve en bordure des grandes artères. Un des conseillers municipaux a décrit les panneaux comme une intrusion dans «l'environnement visuel de la ville». Depuis quelques années, d'autres gouvernements ont imposé un moratoire sur l'installation des affichages numériques: San Francisco, Denver, l'État du Maine, le Vermont...

Astral Affichage, qui se présente comme le chef de file chef de file canadien «grâce à son nombre supérieur de sites stratégiques situés à Montréal, Toronto et Vancouver», décrit ces écrans comme suit :

«La technologie D.E.L. (diodes électroluminescentes) produit les couleurs les plus éclatantes et la résolution la plus élevée disponible dans l'industrie. Rien ne ressort aussi bien que l'affichage numérique extérieur! Il a d'ailleurs fait ses preuves en termes de pouvoir d'attraction auprès des automobilistes. En effet, plus de 80% des automobilistes estiment que les panneaux d'affichage numérique captent leur regard.

Les spécialistes de notre Centre de contrôle gèrent un système informatisé à la fine pointe de la technologie qui fonctionne à l'échelle nationale 24 heures sur 24, 7 jours par semaine. Une boucle mettant en rotation 6 messages de 10 secondes accorde à chaque annonceur 1 400 occasions par jour sur un seul panneau».


Et Montréal, ajoute Astral (récemment achetée par Bell), plait aux annonceurs: la ville est considérée comme le deuxième marché publicitaire au pays, et 70 % des gens prennent la voiture pour se rendre au boulot. L'Association marketing canadienne de l'affichage a une section consacrée sur son site web.

Il y a quelques années, l'Alliance pour la valorisation des paysages du Québec s'était manifestée en faveur de la préservation de l'espace visuel, déplorant du coup ce qu'elle appelait alors «l’approche de plus en plus permissive des lois du Québec en matière d’affichage».

L'affichage est régi par deux lois: la Loi sur la publicité le long des routes et la Loi interdisant l'affichage publicitaire le long de certaines voies de circulation. L'Alliance existe toujours, mais un de ses artisans dit qu'on attend que Transports Québec mène une consultation.

Le Devoir a donc posé la question à Transports Québec. Réponse: «Il n'y a rien à court ou à moyen terme. Il a déjà été question de tenir des consultations, mais ce n'est pas prévu pour le moment.» Le ministère peut toutefois «réagir lorsqu'il y a un enjeu de sécurité routière», selon la porte-parole.

Chers lecteurs, avez-vous vu remarqué ces panneaux? Croyez-vous qu'il faudrait revoir les règles d'affichage?





 
1 commentaire
  • Daniel Desjardins - Abonné 12 août 2013 11 h 34

    Non aux panneaux

    Tous ces panneaux, surtout ceux installés en bordure des ponts et des routes, sont extrêmement distrayants, donc dangereux. On le sait, une demi seconde d'anattention sur la route est une demi seconde de trop. Qu'on enève ces panneaux au plus vite. S'il vous plaît.