​La capitale américaine de la voiture se tourne vers les transports en commun

L'automobile est pour les habitants de Los Angeles le moyen de transport préféré, ce qui entraîne fréquemment des bouchons de circulation. L.A. s'apprête cependant à investir 40 milliards dans les trains de banlieue, parce que la logique de la voiture à tout prix a frappé un mur.
Photo: Richard Vogel/AP L'automobile est pour les habitants de Los Angeles le moyen de transport préféré, ce qui entraîne fréquemment des bouchons de circulation. L.A. s'apprête cependant à investir 40 milliards dans les trains de banlieue, parce que la logique de la voiture à tout prix a frappé un mur.

Il faut atterrir à Los Angeles en avion pour réaliser à quel point la deuxième plus grande ville des États-Unis est bâtie pour la voiture. Partout, à perte de vue, on survole des autoroutes géantes qui se disputent le territoire. Remplies de voitures, pare-chocs à pare-chocs. Jour et nuit. Hallucinant.

Signe des temps, la région de Los Angeles, une des capitales mondiales du char depuis plus d'un demi-siècle, se convertit tranquillement aux transports en commun. L.A. s'apprête à investir 40 milliards dans les trains de banlieue, parce que la logique de la voiture à tout prix a frappé un mur.

«Il existe un immense potentiel pour corriger les erreurs des 60 dernières années», non seulement dans l'aménagement des grandes villes, mais aussi dans les banlieues, explique Peter Calthorpe, considéré comme le «pape» du nouvel urbanisme, dans une entrevue avec le magazine Metropolis.

Calthorpe a inventé le concept de transit-oriented development (TOD), dont on vous parlait dans Le Devoir en fin de semaine dernière. Un TOD, c'est un quartier créé autour d'une gare de métro ou de train de banlieue. Un quartier vivant, où les résidants peuvent faire leurs emplettes à pied. Un quartier agréable.

Il existe beaucoup de villes dans le monde qui s'inspirent des TOD — dont Los Angeles — mais au Québec, on n'en est pas là. À L.A., même la fameuse Sunset Strip, le boulevard des célébrités, se transforme en corridor où cohabitent piétons, vélos, autobus et voitures.

Un vrai début de révolution, dans la ville la plus «char» du «pays des chars». Ce sont deux lois qui forcent chaque région à se doter d'un plan de développement durable visant à réduire la «dépendance à l'auto».

Tout cela est bon pour l'environnement, explique Peter Calthorpe, mais ultimement, le but est de créer des villes plus conviviales. Tout simplement. Et pour ça, il faut absolument créer des villes pour les piétons, selon lui. «Pour avoir de bons transports collectifs, il faut pouvoir marcher lorsqu'on arrive à destination. La création d'espaces pour les piétons représente le coeur et l'âme des belles villes», dit-il.

C'est pas pour nous vanter, mais c'est pas mal ce que disaient les urbanistes interrogés par Le Devoir en fin de semaine dernière. Ils critiquaient l'aménagement autour des gares de train de banlieue de la couronne montréalaise, qui se résume la plupart du temps à... un vaste stationnement.
1 commentaire
  • Pierre Blouin - Inscrit 1 août 2013 10 h 25

    Los Angeles est devenue ville de l'auto après le tram

    Los Angeles a été dans les années 20 et 30 la ville américaine dotée du plus grand réseau de tramways interurbains, avant que ces derniers ne soient achetés par un conglomérat visant à tuer ce mode de transport au profit du marché de l'automobile. Notons que GM était au bord de la faillite dès 1921.