Parkings potagers - Bons pour la ville, bons pour les yeux, et bons à manger!

L'expérience des trois dernières années démontre que les gens sont très respectueux des lieux quand ils sont bien aménagés, selon Destination Montréal.
Photo: Isabelle Paré L'expérience des trois dernières années démontre que les gens sont très respectueux des lieux quand ils sont bien aménagés, selon Destination Montréal.

L'automobile n'est pas vraiment associée à l'embellissement urbain, et encore moins les «parkings», mais qui a dit que les légumes et les cylindrées ne pouvaient faire bon ménage?

C'est pourtant le cas en ce moment au centre-ville de Montréal, où les tomates et les vignes croissent aux côtés des voitures de sport, VUS et autres véhicules, stationnés par leurs propriétaires dans des parcs gérés par le privé. En ce mois de juillet, de juteux raisins commencent déjà à gonfler sur les clôtures de fil de fer où court la vigne le long des trottoirs, alors que les plants de tomates sont en pleine floraison rue Maisonneuve. Des massifs de framboises sont remplis de fruits encore verts.

Près du Palais de Congrès, ce sont plutôt les mûriers et les groseilliers qui se frottent aux carrosseries, tandis que les fraisiers ont déjà donné leurs fruits du côté de la rue Atwater.

Ces curieux végétaux urbains sont l'aboutissement d'un projet d'embellissement lancé par Destination Montréal, l'association qui réunit les propriétaires d'immeubles et de terrains du centre-ville et consacre plus d'un million de dollars par année au nettoyage de ses propriétés.

«Au centre-ville, les parcs de stationnement étaient toujours laids et remplis de papiers et de détritus. On a visé ceux où il y avait des bordures de terres assez larges pour pouvoir y planter des végétaux. Les propriétaires sont ravis du résultat», soutient André Poulin, président de Destination Montréal.

Mais pourquoi planter des légumes?

«On s'est dit tant qu'à planter des fleurs qui meurent parce qu'elles manquent d'eau, pourquoi ne pas planter quelque chose d'utile? On a choisi des vivaces qui demandent peu d'entretien, car le sol de ces bandes de terre est souvent très pauvre», renchérit le président de cette association.

Cicatrices dans le tissu urbain, ces parcs à voitures sont non seulement un peu moins agressant pour l'oeil, ils sont devenus des garde-manger à ciel ouvert, qui produisent tout au long de l'été. Les lieux ont d'ailleurs vite été repérés par les passants et les itinérants qui y dénichent des aliments frais à se mettre sous la dent. Très tôt le matin, les fruits ont été récoltés, dit M. Poulin. «On est contents de les nourrir avec des bonnes choses!»

Les citoyens se servent d'ailleurs allègrement en persil et fines herbes qui foisonnent le long de la rue Maisonneuve. L'expérience des trois dernières années démontre que les gens sont très respectueux des lieux quand ils sont bien aménagés, soutient M. Poulin. Dans un français approximatif, une affichette invite d'ailleurs les passants à se servir avec modestie dans ce jardin urbain.

Le petit projet, qui emploie une vingtaine d'employés pendant l'été, sert en sus à la réinsertion sociale de personnes en difficulté. Bref, une idée qui accouche de beaucoup plus qu'une poignée de framboises!

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