Montréal-Est, ou le casse-tête du renouveau

La raffinerie Shell, dans Montréal-Est. Terre d'accueil de l'industrie pétrolière au début du 20e siècle, Montréal-Est traîne un passé industriel qui a laissé des traces profondes.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir La raffinerie Shell, dans Montréal-Est. Terre d'accueil de l'industrie pétrolière au début du 20e siècle, Montréal-Est traîne un passé industriel qui a laissé des traces profondes.
C'est tout un cas et la question toute simple cache un défi colossal: y a-t-il moyen de redévelopper une ville comme Montréal-Est? Comment? Est-ce une affaire de 10, 25 ou 40 ans? On commence par où? Et pour en faire quoi?
 
Terre d'accueil de l'industrie pétrolière au début du 20e siècle, Montréal-Est traîne un passé industriel qui a laissé des traces profondes. Le développement y a été si fort dans les années 60 que la ville se classait au quatrième rang des villes industrielles canadiennes. Prenons même ses armoiries, qui n’affichent rien de moins que des éléments représentant la mécanique, le port, l'industrie pétrolière et le ciment. Aujourd'hui, l'industrie est menacée et la rue principale a vu des jours meilleurs.
 
Quatre équipes d'étudiants à la maîtrise de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal ont élaboré des pistes de solution, un projet auquel s'est intéressée l'équipe de linterurbain.com. Entre autres, ils proposent la revitalisation commerciale et la densification résidentielle de l'artère principale qu'est la rue Broadway, et la «réarticulation» des activités économiques en créant notamment un «pôle de recherche et de développement sur les énergies renouvelables». (Les rapports des quatre équipes sont ici: 1, 2, 3, 4.)
 
L'idée d'un renouveau n'est pas nouvelle. Les élus et acteurs économiques de l'est de Montréal ont déjà reconnu qu'il y a du pain sur la planche. (L’est de Montréal à redéfinir, 11 mai 2013 et Un plan d'action concerté pour redonner une force à l'est de Montréal, 13 mai 2013)
 
Mais prenons d'abord la rue Broadway. Remarquez que le résumé de la situation que font les étudiants en urbanisme pourrait s'appliquer à d'autres villes du Québec...
 
 

«Depuis ses débuts, l’avenue Broadway a été le cœur commercial de Montréal-Est et un lieu de rassemblement pour la communauté; c’est la rue principale de la municipalité. Mais aujourd’hui, cette avenue est en déclin. L’absence d’aménagements publics, l’importante circulation automobile et le manque de dynamisme de ces commerces la rendent peu attirante pour les habitants.»

 

«Notre vision de Broadway est celle d’une rue commerciale urbaine agissant comme épine dorsale d’un centre-ville revitalisé. Ceci passe par des aménagements publics plus attractifs et des bâtiments de plus grand gabarit avec des reculs uniformes pour donner une apparence plus urbaine et encadrée à la rue.»

 

 

Un autre extrait du rapport, celui-ci au sujet du projet de renouveau industriel:
 

 

«La ville de Montréal-Est est actuellement dans une phase de transition entre le démantèlement de ses raffineries pétrolières, le maintien des terminaux pétroliers et un avenir incertain quant aux industries en place. Autre fait subséquent à cette activité lourde, le paysage industriel, qui compte pour 90 % du territoire de la ville, dévoile un enchevêtrement d’oléoducs, de cheminées, de terminaux, d’entrepôts, de terrains vacants et de voies privées pour le camionnage.»

 

«Tout en maintenant une proportion importante d’industries lourdes, le pôle énergétique propose un incubateur à PME ainsi qu’un pôle de recherche et développement. Après un diagnostic à diverses échelles, nous optons pour l’effet levier des énergies renouvelables qui peuvent s’intégrer grâce aux forces en présence et redonner un nouveau souffle à Montréal-Est. Cette proposition s’arrime à plus grande échelle avec la position stratégique de la ville au sein de l’agglomération montréalaise et permet une bonne cohérence avec l’existant.»

 

Quelles idées seront retenues? L'avenir le dira.