Après le jardin communautaire, le jardin «parlementaire»

Selon les recherches effectuées par l'Assemblée, ce serait le premier parlement à s'engager aussi loin dans la logique du potager urbain.
Photo: © Urbainculteurs.org Selon les recherches effectuées par l'Assemblée, ce serait le premier parlement à s'engager aussi loin dans la logique du potager urbain.

L'Assemblée nationale du Québec a décidé de se lancer dans la culture de légumes! Elle vient de remplacer ses plates-bandes de fleurs par du maïs, un miniverger, des légumes racines et des plantes médicinales. Deux ruches ont même été installées sur le toit de l'auguste immeuble pour produire du miel.

Jeudi, on y lançait un ambitieux projet d'agriculture urbaine sans équivalent dans le monde. Avec 2000 pieds carrés de culture et 130 variétés, ces jardins serviront à alimenter les clients du restaurant de l'Assemblée nationale, le Parlementaire. Des surplus seront aussi donnés à l'organisme Le Pignon bleu.

Selon les recherches effectuées par l'Assemblée, ce serait le premier parlement à s'engager aussi loin dans la logique du potager urbain, explique Marie Eisenmann, des Urbainculteurs, l'organisme qui supporte le projet.

Aux États-Unis, Éléonore Roosevelt avait lancé pendant la Seconde Guerre mondiale un projet du genre dans les jardins de la Maison-Blanche, mais il n'avait pas la même ampleur.

L'initiative de Mme Roosevelt «était tombée en désuétude», explique-t-elle, or «Michelle Obama l'a mis au goût du jour en 2009 dans le contexte de la crise économique pour encourager les gens à manger plus sainement.» «Par contre, c'est un potager qui est plus petit.»

«Sinon, l'Assemblée nationale a fait une petite recherche et il n'y en a pas d'autres. Le Sénat en France a des arbres fruitiers, mais ce n'est pas un potager.»

Fondé il y a quelques années, les Urbainculteurs militent pour le développement de l'agriculture urbaine dans la capitale. Leur projet de jardin sur le toit de l'organisme pour itinérants L'Auberivière a notamment connu beaucoup de succès.

Mme Eisenmann n'en revenait pas quand l'équipe du Parlement l'a contactée pour démarrer ce projet. «Je n'y croyais pas. Je pensais que c'était un ami qui me faisait une blague! Or l'Assemblée nationale avait une réelle volonté de faire quelque chose de significatif.»

L'entretien du jardin a été confié à des étudiants de l'Université Laval comme c'est le cas en temps normal avec les aménagements paysagers. Cette fois, ils seront encadrés par l'équipe des Urbainculteurs.

Le projet ne nécessite aucun budget supplémentaire, selon Mme Eisenmann. On a simplement dépensé autrement l'enveloppe normalement dédiée aux fleurs. À moins d'un imprévu, cette initiative devrait devenir récurrente.

Une visite commentée des lieux sera offerte le jour de la Fête nationale entre 10h et 16h. Sinon, des panneaux d'interprétation permettront aux gens de les découvrir par eux-mêmes.


3 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 15 juin 2013 10 h 37

    Qu'est-ce qu'un État ?

    Quelques questions pour les amoureux de potagers urbains de l’Assemblée nationale ainsi que pour les urbainculteurs.

    Qu’est-ce qu’un État ? Quelle image peut ou doit refléter le siège d’un État ? Doit-il dégager un sentiment de majesté, de force et de stabilité ? Le muret qui délimite le périmètre physique où s’assemblent les chefs d’une Nation crée-t-il un espace différent et sacré ? Si oui, quelles conclusions doit-on en tirer quant à l’aménagement et à l’utilisation de cet espace ? Sinon, pourquoi ne pas faire disparaître le muret en question…comme certaines jeunes architectes ont proposé de le faire en 1978 avant que des interventions extérieures ne stoppent leur projet in extremis ? Etc, etc.

    Quand ce Parlement fut construit, c’était pour que les élus du peuple puissent y adopter des Lois en toute solennité et non pour y faire la promotion en devanture d’un type de culture potagère, fort sympathique par ailleurs.

  • Martin Beaulne - Inscrit 16 juin 2013 11 h 02

    Chialer pour chialer

    J'imagine que certains, comme Léonce Naud, trouverons des moyens d'être contre cette mesure. Dans le but d'être contre quelque chose, j'imagine.

    Personellement, je trouve que c'est une initiative parfaite, prenant un budget inutilement dépensé ( j'imagine que les fleurs leur coûtaient *très* cher ) et le transférer vers quelque chose qui n'est autre que le gros bon sens, un jardin produisant quelque chose d'utile.

    Évidemment, l'utilité des légumes qui pousseront dans ce jardin est limitée au restaurant de l'assemblée nationale. Par contre, là n'est pas la portée du geste. L'idée derrière tout ça est de motiver les gens à faire leurs propres jardins, leur montrer que c'est faisable, même facile.

    L'agriculture urbaine fait partie des solutions. Des solutions à maints problèmes.

    Les ruches aussi, dans un contexte où les abeilles sont en voie de disparaître ( si elles continuent leurs décroissement démographique des dernières années ), sont une excellente initiative. De plus, cela aide les jardins à produire plus...

    Vraiment, excellente nouvelle. Par contre, c'est un peu triste qu'une chose qui aille de soi ( ... cultiver des légumes ? ) devienne une bonne nouvelle. Cela en dit long sur le chemin qui reste à faire pour ramener l'urbanisation vers un écosystème favorable à l'être humain...

  • France Lemieux - Inscrit 16 juin 2013 17 h 41

    Suggestion de fertilisant pour ce potager urbain.

    Bravo, belle initiative. Je me demande si on mettra en pratique les politiques du MDDEFP de favoriser les épandages de boues d'usine d'épuration comme fertilisant... Bon, je sais qu'on ne fera pas ça directement, Le Guide de recyclage l'interdit pour consommation humaine...(mais permet pour consommation animale). Par ailleurs, on fabrique des fertilisants à partir des boues d'usine d'épuration- des biosolides- est-ce qu'on mettra de ce produit. Est-ce que le PBDE* est toujours présent? (*ignifuges bromés perturbateurs endocriniens) Est-ce que les salades et les tomates l'absorbent? Je suggère que ce potager en soit un pour expérimentation par le MDDEFP.