Des « pièges à tickets » pour attraper les cyclistes ?

La police de Montréal s’installe à une intersection achalandée et donne des contraventions aux cyclistes jugés délinquants… 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La police de Montréal s’installe à une intersection achalandée et donne des contraventions aux cyclistes jugés délinquants… 

Chaque matin, ça recommence. La police de Montréal s’installe à une intersection achalandée et donne des contraventions aux cyclistes jugés délinquants… qui ont l’impression d’être tombés dans un «piège à tickets».

 

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne s’en cache pas, il cible particulièrement les piétons et les cyclistes. Mais c’est pour leur bien, selon la police: piétons et cyclistes représentent plus de 50% des victimes d’accidents et sont «vulnérables» en cas de collision.

 

«Il n’y a pas de pièges. Le Code de la sécurité routière s’applique à tout le monde, y compris les cyclistes», dit André Durocher, inspecteur à la division de sécurité routière au SPVM.

 

La très vaste majorité des contraventions sont quand même remises aux automobilistes, souligne le policier.

 

Les adeptes du vélo s’organisent et signalent les opérations policières sur Facebook et sur Twitter. «J’apprécie que les gens parlent des opérations policières sur les réseaux sociaux, dit André Durocher. Ils deviennent nos ambassadeurs parce qu’ils disent à tout le monde que les cyclistes peuvent avoir un constat d’infraction s’ils contreviennent au Code de la sécurité routière.»

 

Gare aux automobilistes délinquants


Pierre-Luc Auclair, de la Coalition vélo Montréal, compte soulever la question des relations entre policiers et cyclistes à la première réunion du Comité consultatif sur le vélo à Montréal, qui doit avoir lieu ce jeudi. Ce comité regroupe à une même table des représentants de la Ville, du SPVM, de Vélo Québec, du ministère des Transports, de la Société de transport de Montréal et de la Coalition vélo Montréal, notamment.

 

M. Auclair demande à la police de cibler non seulement les cyclistes, mais aussi les automobilistes ou les piétons délinquants. «On va faire un suivi là-dessus pour aider la police à avoir une meilleure vue d’ensemble», dit-il.

 

Il voit d’un bon œil la décision de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal de permettre aux vélos de rouler sur la rue Prince-Arthur, entre le carré Saint-Louis et le boulevard Saint-Laurent, entre 7 h et 11 h le matin. Les groupes cyclistes, dont Vélo Québec, dénonçaient depuis longtemps l’interdiction des vélos sur cette rue piétonnière.

 

Voilà un «piège à tickets» de moins pour les vélos. Piétons et cyclistes doivent maintenant démontrer qu’ils peuvent cohabiter en paix sur Prince-Arthur. Prochaine étape, selon des cyclistes: permettre les vélos hors des heures de grande fréquentation sur la section piétonne de la rue Sainte-Catherine, à l’est de la rue Saint-Hubert.

17 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 5 juin 2013 12 h 42

    Il y URGENCE de faire une mise à jour des lois touchant l'utilisation de vélo.

    Il y a dans le code de sécurité routière [CSR] et dans divers règlements minicipaux des articles touchant les conditions sur l'utilisation de vélo ce tout type ; 2 roues 3 roues 4 roues, à pédales, avec ou sans frein et électriques et les scooters électriques.
    Ces véhicules de tous genres circulent sur les rues, sur les trottoirs, sur les pistes cyclables et multi-usages ( permises aux patineurs, aux skateboards et marcheurs, aux poussetes, aux carosses etc.
    Il y a un partage et le gros bon sens à appliquer sur l'utilisation mais certaines règlements sont totalement anachroniques et arrièrés, ne sont pas abrogés et existent maintenant seulement pour financer les patrouilles de policiers à vélo de nos municipalités.
    Bien certainement , il faut être prudent et proactif pour rouler sécuritairement en vélo ; faire les stop, et feux de circulation, signaler nos intentions, prendre garde aux piètons et véhicules routiers mais quand on circule hors des périodes de grandes fréquentations où les risques sont rares, les zones pièges et le zèle des agents à donner leurs contraventions avec autant de générosité et d'empressement est d'une gènante logique [ financement et quota de plusieurs billets par jour ] et hors du bon sens ...

  • Ronald Houde - Abonné 5 juin 2013 14 h 30

    Exercice en futilité

    L'exercice de "sensibilisation" effectué par le SPVM est fondamentalement floué, à mon avis, parce qu'il applique un Code de la Sécurité Routière (CSR) qui: 1) est complètement déconnecté de la réalité du cyclisme urbain au 21ème siècle; et 2) n'accomplit trop peu pour assurer la sécurité des cyclistes et le partage sécuritaire et paritaire de la route. Le Ministre du Transport et la SAAQ se doivent au plus pressant de revoir le CSR de fond en comble en ce qui concerne le cyclisme. Cette refonte doit s'appuyer sur les modèles de réussite mondiaux, en regardant du côté des Pays-Bas, du Danemark, de la France et, oh que oui, même l'État de l'Idaho, par exemple.
    Entre-temps, cet exercice de "sensibilisation" ne peut être considéré que rien d'autre qu'un exercice de renflouage des coffres de la ville ou, au pire, un effort de répression de la pratique du cyclisme comme moyen de transport utilitaire sur le territoire de Montréal.

    • Patrick Lépine - Inscrit 5 juin 2013 23 h 58

      Imaginez, je tente d'acheter des moteurs-roue chez TM4, et on me dit que la SAAQ ne verrait peut-être pas d'un bon oeil son utilisation...

      Autrement dit, la SAAQ bien qu'elle sache qu'en allégeant le poid des véhicules, et en faisant cesser la pollution atmosphérique, elle améliorerait la santé publique, elle préfère encourager la pollution!

      Ce n'est pas une société "d'assurance" au titre qu'on le comprends, mais plutôt une "assurance «automobile»"! À ne pas confondre!

  • Georges Washington - Inscrit 5 juin 2013 17 h 00

    Je suis piéton, cycliste et automobiliste

    Il y a des cyclistes qui méritent des contravention parce qu'ils roulent en fous et ne se préoccupent de rien. Une collision face-à-face de deux cyclistes, ça existe. Quand un cycliste roule en fou sur St-Laurent et tourne le coin sur Bernard en regardant derrière ses copains, mais qu'il tourne carrément dans la voie en sens contraire et près du trottoir, ce cycliste mérite une contravention pour conduite dangereuse. Je n'ai aucune pitié pour ce genre de cyclistes. Malheureusement, les opérations policières du SPVM c'est comme une gang de matantes sur le coin de la rue qui arrêtent des cyclistes trop souvent pour des pécadilles. S'ils faisaient la même chose avec les automobilistes, ils donneraient des contraventions à tous les automobilistes qui n'utilisent pas leur clignotant (et il y en a presqu'autant que d'automobiles).

    Idem pour les piétons, j'ai déjà aussi téléscopé un piéton qui traversait la rue en sortant entre deux véhicules VUS sans regarder ni d'un côté, ni de l'autre en parlant avec quelqu'un sur le trottoir d'en face et ceci en plein milieu de la rue. J'aurais eu beau vouloir l'éviter, il s'est littéralement jeté devant moi. Ça m'a coûté 650$ pour mon équipement brisé et mes lunettes fracturées. Je n'ai pas de pitié pour les piétons qui traversent ailleurs qu'aux intersections.

    Malheureusement, je doute beaucoup que les opérations du SPVM vise la bonne clientèle de piétons, cyclistes et automobilistes dangereux. Non, c'est juste une opération massive de tickets pour qu'on en parle.

  • Emma Robitaille - Inscrite 5 juin 2013 18 h 34

    Cycliste/ automobiliste

    Il est facile de critiquer le travail des policier. Connaissons-nous réellement quel sont leurs tâches de travail ? Oui il est vrai qu'ils ont outre passer les limites et surtout pendant la grève étudiante. Mais oui je suis POUR les contraventions aux cyclistes. Je suis cycliste et automobilistes. Et oui autant l'un que l'autre les règles ne sont pas respecté. Mais peut-être que si les gens les respectaient il y aurait moins de police qui donnent des tickets et plus dans la population ! Je me fou de savoir s'il remplissent leurs de coffre, mais une chose qui est sur c'est qu'une bonne partie des cyclistes vont changer leurs modes de circulation. Le jours que vous aller être tétraplégique car un char vous a rentrer dedans parce que vous n'avez démontrer vos intentions peut-être que vous aller y penser... Un char qui nous rentre dedans à 30km/h c'est un cas de colonne et si vous voulez savoir se qui peut arriver également à votre tête quand on mets pas de casque?? Monter quelques marches laisser tomber un melon d'eau de cette hauteur et vous aller voir comment votre tête va finir. Je suis instructeur en secourisme et je trouve déplorant de voir la négligence des cycliste. Vaut mieux un ticket que finir en soins d'urgence ou cloué à un fauteuil roulant. On se fou de l'argent, une vie vaut combien ??? Pourquoi chialer contre les policier ? Pour une fois qu'ils agissent dans notre bien. Sachez qu'à Montréal nous avons moins de chance de survie qu'à San Rouan. Pourquoi ? Parce que tout le monde est égoïste. Nous sommes en société pensez société. Et oui quand on mets pas de clignotant il devrait avec des tickets il y aurait moins d'accident. Qu'on soit seul sur la rue ou sur leurs de pointe on sait jamais ce qui peut arrivé. Soyez conscientisé et pensez à votre sécurité et celle des autres. Je crois que c'est le messages principale que la police essaie d'envoyer au travers des contraventions. Même si la police a mise au monde matricule 728, ils ont quand même de bon côté.

    • Ronald Houde - Abonné 6 juin 2013 09 h 33

      Oulala! C'est un peu du n'importe quoi votre intervention, mme Robitaille. Les policiers du SPVM, dans leur campagne de "sensibilisation", ne donnent des constats d'infraction que pour de écarts vis-à-vis le CSR actuel. Nulle part dans le CSR oblige-t-on les cyclistes à:
      1) signaler une maneuvre/démontrer ses intentions;
      2) mettre ses clignotants *clignotants sur un vélo???); ou
      3) porter un casque.
      Je suis d'accord, par contre, avec vous sur certains points, surtout concernant l'éducation sur les comportements que doivent adopter les cyclistes. Cette éducation doit se faire dès un jeune âge, à l'école primaire, comme le font les néerlandais. L'expérience démontre que lorsqu'on apprend ces comportements jeune, ceux-ci se transposeront plus tard en conduite automobile. Présentement, par manque d'éducation, que ce soit par les parents ou par l'école, les piétons et cyclistes font souvent n'importe quoi, d'où cet anarchisme que nous vivons sur le réseau cyclable.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 juin 2013 15 h 51

      Deux sur trois, monsieur Houde. Vous avez raison pour les clignotants et le casque. Mais...
      «490. Le conducteur d'une bicyclette doit signaler son intention d'une façon continue et sur une distance suffisante pour ne pas mettre en péril la sécurité des autres usagers du chemin public. Il doit:
      1° pour arrêter ou diminuer sa vitesse, placer l'avant-bras gauche verticalement vers le bas;
      2° pour tourner à droite, placer l'avant-bras gauche verticalement vers le haut ou placer le bras droit horizontalement;
      3° pour tourner à gauche, placer le bras gauche horizontalement.»

      Les bicyclettes doivent être munies d'une feu et d'un phare uniquement la nuit:
      «233. Toute bicyclette doit également, la nuit, être munie d'au moins un phare blanc à l'avant et d'un feu rouge à l'arrière.»
      «234: (...) l'éclairage doit permettre au conducteur d'un cyclomoteur de distinguer une personne ou un objet à une distance de 90 mètres et au conducteur d'une bicyclette à une distance de 10 mètres.» (Les Bixis semblent illégaux.)

      Quant aux clignotants, ils semblent réservés aux véhicules d'urgence:
      «239. Aucun véhicule routier, à l'exception de ceux visés aux articles 226 et 227, ne peut être muni de phares blancs clignotants alternatifs ou de feux clignotants ou pivotants de quelque couleur que ce soit.» Mais comme un vélo n'est pas un véhicule routier...

      Ceci dit, si on donnait des points d'inaptitude aux conducteurs d'automobiles qui négligent de signaler les virages et les changements de voie, la plupart perdraient leur permis en moins d'une heure... en plus de mettre la vie des autres en danger, alors que les cyclistes ne mettent en danger que la leur propre.

  • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 5 juin 2013 20 h 37

    la "sensibilisation"

    Que ce soit pour les automobilistes, les piétons ou les cyclistes, j'Ai l'impression que dès que les forces policières organisent une "campagne de sensibilisation", il ne s'agit toujours que d'appliquer SYSTÉMATIQUEMENT la logique crime -> contraventions au lieu de faire l'exercice véritable qui vise à conscientiser le citoyen aux règlements...

    Comme ces perles de policiers qui donnent des contravention pour la non présence de lumières sur le vélo.... en plein jour...

    • Franklin Bernard - Inscrit 7 juin 2013 00 h 53

      Vous voulez dire qu'il y a des cyclistes qui installent des lumières sur leur vélo dès la tombée du jour, et que, partant, ils ne méritent pas de contravention?

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 juin 2013 11 h 52

      Monsieur Bernard,
      la plupart des feux de vélo sont enlevables, pour éviter le vol.