Les arbres de Montréal en deux ou trois clics

Érable argenté de 46 ans qui mesure 47 centimètres de diamètre.
Photo: François Desjardins Érable argenté de 46 ans qui mesure 47 centimètres de diamètre.
Le 1er mai 1967, la ville de Montréal a fait planter des arbres le long de l’autoroute Décarie, six jours après son ouverture alors que Montréal inaugurait l’Expo 67. Au nombre de voitures qui circulaient, il fallait bien un peu de verdure ! Deux ou trois clics et voici : celui-ci (en photo) est un érable argenté de 46 ans qui mesure 47 centimètres de diamètre. Tiens, de l’autre côté de cet énorme tranché, un Micocoulier occidental de 1990.
 
« L’outil n’a pas été vraiment publicisé jusqu’ici, mais des citoyens m’ont écrit pour dire qu’ils étaient contents de connaître la variété d’arbres autour de chez eux », dit Guillaume Larocque, qui a développé cet hiver un outil permettant de localiser et regarder les 222 000 arbres publics de Montréal… sur Google Maps !
 
Le projet est né lors de la Journée données ouvertes 2013, tenue au centre-ville de Montréal en février dernier. Professionnel de recherche au Centre de la science de la biodiversité du Québec, Guillaume Larocque a développé l’outil avec Christian Gendreau et David Shorthouse (de Canadensys), et Marc-André Goderre et Yoann Perrot (du Centre de la géomatique du Québec).
 
Oeil averti

M. Larocque a constaté que l’œil averti des citoyens permet de corriger les lacunes provenant de la base de données. Car la Ville ne fait pas le recensement systématique et annuel de ses 220 000 arbres… « Une dame m’a écrit pour dire qu’un arbre près de sa résidence n’était plus là et qu’il avait été remplacé par un poteau de téléphone. Ça permet aux gens d’aller à la ville et de signaler le fait qu’un arbre de 50 ans a été coupé, etc. ».
 
Ce qu’il voit comme potentiel ? « Par exemple, les citoyens pourraient éventuellement contribuer à l’amélioration du jeu de données et pourraient entrer eux-mêmes de nouveaux arbres dans la base de données avec une application mobile. Ils pourraient fournir des photos, mesurer la croissance de l’arbre, etc. Ce type de développement devrait par contre se faire en partenariat avec la ville. Il serait également possible de proposer aux gens "d’adopter un carré d’arbres" qu’ils s’engageraient à nettoyer et à entretenir. »
 
Il n’est pas le seul à s’intéresser à la recension géolocalisée des arbres en milieu urbain. À Ottawa, une dénommée Emily Daniels a effectué le même genre de travail tout récemment , allant jusqu’à raconter l’élaboration de l’outil (en anglais) .

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