​Le printemps des indo-musulmans

Les indo-musulmans sont une «minorité» de 170 millions de personnes, ce qui en fait la troisième communauté musulmane la plus nombreuse au monde, après l’Indonésie et le Pakistan.
Photo: Agence France-Presse (photo) Sam Panthaly Archives Les indo-musulmans sont une «minorité» de 170 millions de personnes, ce qui en fait la troisième communauté musulmane la plus nombreuse au monde, après l’Indonésie et le Pakistan.
New Delhi – «Je confesse que ce n’est pas le livre que j’avais l’intention d’écrire», affirme Hasan Suroor, auteur de India’s Muslim Spring, Why is Nobody Talking about it?, nouvellement publié. Le sentiment de la majorité est, en Inde, comme ailleurs dans le monde, que sa minorité musulmane traverse un état de repli conservateur, comme le démontre, apparemment, le nombre croissant de burqas, de hijabs et de barbes croisés dans la rue. Vérification faite, ce n’est pas exactement ce que M. Suroor a découvert.

Les indo-musulmans sont une «minorité» de 170 millions de personnes, ce qui en fait la troisième communauté musulmane la plus nombreuse au monde, après l’Indonésie et le Pakistan.

Suroor s’attendait à aller à la rencontre d’une communauté prisonnière du passé, il a découvert une nouvelle génération de musulmans striée de courants beaucoup plus modernes, laïques et progressistes que ne le pense le commun des Indiens. Une jeune génération, une lueur d’espoir, qui voudrait bien en finir avec la clique traditionnelle de leaders politiques et communautaires qui parlent mal en leur nom.

Ce qui pollue les perceptions, soutient cet essayiste et journaliste de formation, c’est que, plutôt que de revêtir les signes occidentaux spontanément associés à cette idée de modernité, ces «nouveaux» indo-musulmans embrassent fièrement, pour ne pas dire ostensiblement, une identité culturelle islamique. On peut être musulman pratiquant, constate-t-il, en même temps qu’ouvert d’esprit. Qu’il y ait lieu de dire que l’équation est possible donne la mesure des préjugés. 

Au fond, trouve Surror, ici journaliste qui s’autoflagelle, c’est une histoire banale, mais sur laquelle les médias font l’impasse pour la raison que cette révolution silencieuse n’est pas sensationnelle. Nous prenons note.