​Trop long, le couloir de la mort (bis)

Une femme exige la peine de mort pour des violeurs présumés devant le palais de justice de New Delhi, le 13 septembre dernier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Prakash Singh Une femme exige la peine de mort pour des violeurs présumés devant le palais de justice de New Delhi, le 13 septembre dernier.
New Delhi – Conséquente, la Cour suprême vient de commuer en emprisonnement à vie les peines de mort de trois condamnés pour cause de délais trop longs de la part du gouvernement à se prononcer sur leur demande de grâce.

C’est la deuxième fois en moins d’un mois que la cour prend une décision de cette nature, signe encourageant, veulent croire les organisations abolitionnistes, que le recours à la potence tend à disparaître en Inde.

Fin janvier, la Cour suprême avait pris la décision sans précédent de commuer la peine de 15 condamnés à mort pour raison de délais indus. Elle a récidivé mardi dans une cause éminemment plus sensible sur le plan politique, celle des trois hommes condamnés à la pendaison pour leur implication dans l’assassinat en 1991 de l’ex-premier ministre Rajiv Gandhi, tué dans un attentat suicide commis par les Tigres tamouls, l’ancienne — et très violente — organisation séparatiste qui opérait au Sri Lanka jusqu’à ce que l’armée sri lankaise l’écrase en 2009. 

Les trois hommes ont été condamnés il y a plus de 20 ans; leur recours en grâce présidentielle traînait sur la tablette depuis onze ans.

Le jugement a immédiatement pris une tournure politicienne au Tamil Nadu, État indien du sud dont la majorité tamoule est très sensible au sort que subit la minorité tamoule du Sri Lanka tout proche.

Mercredi, dans un geste manifestement populiste, le gouvernement de l’État, où sont emprisonnés les condamnés, a annoncé ne voir aucune raison de ne pas libérer les trois hommes dans la foulée de la décision de la Cour suprême.

Ce qui a provoqué dans la seconde une levée de boucliers à Delhi où le gouvernement fédéral s’empressait jeudi de se présenter devant la haute cour pour faire interdire leur libération (Consulter le site du Times of India).

L’affaire fait vibrer une corde sensible au sein du gouvernement dirigé par le Parti du Congrès, d’autant plus que Rahul Gandhi, le fils de Rajiv, est candidat présumé au poste de premier ministre aux élections générales du printemps prochain.