Bangalore, la nouvelle Calcutta

New Delhi — À défaut de ne plus avoir depuis longtemps l’influence économique ou politique prépondérante qu’elle a déjà eue parmi les mégapoles indiennes, Kolkata (Calcutta) vit encore de l’idée mélancolique qu’elle demeure la capitale culturelle et intellectuelle du pays. Le titre lui a pourtant en bonne partie été ravi par Delhi, qui de son côté rivalise de rayonnement avec Mumbai. 

Dans le domaine du livre, un récent inventaire dressé par The Times of India vient enfoncer le clou de la fatigue culturelle de Kolkata au profit de… Bangalore, berceau triomphant de l’industrie des technologies de l’information. La population de Bangalore est inférieure à celle de la capitale du Bengale occidental et moitié moins grande que celles de Delhi ou de Mumbai. Malgré tout, la ville constitue aujourd’hui au pays le plus grand marché du livre, dynamisé par sa faune plus aisée que la moyenne de jeunes professionnels branchés. 

Flipkart est une entreprise indienne de commerce en ligne fondée en 2007 et le plus grand vendeur de livres au pays. C’est à Bangalore qu’elle en vend le plus. C’est aussi le marché le plus important de Hachette India, devant Delhi et Mumbai. 

Et qu’est-ce qu’on y lit? La nouvelle du Times n’élabore guère. Beaucoup de romans en anglais à consommation rapide, de toute évidence. Hachette publie John Grisham et Robert Ludlum. Mais pas seulement, prétendent les maisons d’édition qui, n’ayant évidemment pas intérêt à dire le contraire, affirment que ses lecteurs sont qualitativement parmi les mieux avisés… Aussi, les librairies de Bangalore résisteraient mieux qu’ailleurs au rouleau compresseur du commerce en ligne, en particulier dans le domaine du livre pour enfants et du livre d’occasion.