Les toilettes de Cyberabad

Des employés au travail dans les bureaux de Facebook à Hyderabad, en Inde.
Photo: Mahesh Kumar A. AP Des employés au travail dans les bureaux de Facebook à Hyderabad, en Inde.
Mais Cyber City (ou HITEC City ou Cyberabad), quartier champignon d’édifices spectaculaires auquel se greffe une large zone résidentielle, a beau abriter les bureaux indiens de multinationales des technologies de l’information (TI) comme GE, IBM, Microsoft, Dell, Google et Facebook, il se trouve que la plus grande partie des eaux usées de ses toilettes s’en vont directement dans la nature, dénoncent des environnementalistes locaux.

Le gouvernement avait décidé, en 2007, de construire six nouvelles usines de traitement des déchets à Cyberabad pour répondre à ses problèmes sanitaires croissants. Pas une seule n’est à ce jour entrée en activité.

Par conséquent, disent ces environnementalistes, ces eaux usées polluent la nappe phréatique et les lacs de la région, l’exposant à des dégâts écologiques à grande échelle qui représentent une menace pour la santé humaine. La négligence des autorités gouvernementales, affirment-ils, n’a d’égal que la déresponsabilisation sociale d’une industrie qui se réclame pourtant haut et fort d’une conscience d’entreprise «ecofriendly» —respectueuse de l’environnement.

«Dans les faits, les multinationales ne se préoccupent pas beaucoup de ce qui se passe à l’extérieur de leur complexe technologique», dénonce l’un d’entre eux. À cette dynamique s’ajoute le fait qu’Hyderabad, ville de sept millions d’habitants, abrite par ailleurs «Genome Valley», un important parc industriel d’entreprises pharmaceutiques et biomédicales — soulevant là aussi son lot d’enjeux environnementaux.

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