Viol de Delhi: jugement reporté

Les supputations annoncent depuis des semaines le prononcé imminent du jugement dans le cas des accusés du meurtre par viol collectif de la jeune physiothérapeute de 23 ans dont l’agression dans un autobus de Delhi en décembre dernier a déclenché une immense vague d’indignation en Inde contre la violence faite aux femmes. On attend toujours.

Six hommes ont été accusés du crime en janvier – cinq adultes et un mineur. L’un des adultes, le chauffeur de l’autobus, est mort en prison en mars après s’être apparemment pendu dans sa cellule – où se trouvaient avec lui d’autres prisonniers. Beaucoup soupçonnent plutôt un assassinat. Le procès des quatre autres, passibles de la peine de mort, se tient devant une cour spéciale en procédure accélérée (fast track) depuis le début du mois de février et serait à toutes fins utiles terminé.

L’annonce du verdict en ce qui concerne le mineur, jugé séparément devant le Juvenile Justice Board (JJB), le tribunal de la jeunesse indien, devait être faite aujourd’hui, mais a été reportée au 19 août. C’est la troisième fois en quelques semaines que le jugement est reporté.

Il a été établi sur la base des registres de l’école élémentaire qu’il a fréquentée que le mineur avait 17 ans et demi au moment du viol. Ce qui a soulevé débat. D’abord parce que le commun des Indiens n’a qu’une idée approximative de son âge. Un grand nombre de naissances ne sont pas enregistrées, qui plus est si la famille est pauvre, ce qui est le cas de ce jeune homme originaire de l’État du Bihar, arrivé à l’âge de 11 ans à Delhi où il a survécu de petits boulots.

Ensuite, l’enquête policière a conclu que l’adolescent avait été, avec le chauffeur, le plus violent des agresseurs. La jeune femme a été violée avec une barre de fer. La bestialité de l’agression lui a arraché les intestins. Aussi, de nombreuses voix, jugeant la justice trop littérale dans sa lecture de la loi, se sont élevées pour réclamer qu’il soit jugé avec les adultes, vu la gravité du crime qu’on lui impute.

C’est au demeurant pour cette raison que le prononcé du jugement vient d’être à nouveau reporté. Une requête a récemment été faite en Cour suprême pour lui demander de clarifier la notion de «juvénile». Le requérant, chef d’un petit parti politique fédéral, fait valoir qu’en pareil cas, la «maturité mentale et intellectuelle» devrait être prise en compte plutôt que l’âge légal de la majorité. La Cour suprême entendra la requête le 14 août prochain. D’où décision de la JJB de différer son jugement.

Tous les accusés ont plaidé non coupable. S’il est trouvé coupable, le jeune homme, qui a récemment eu 18 ans, fait face à une peine maximale de trois ans de prison dans un centre de redressement.
 
1 commentaire
  • Daniel Gagnon - Abonné 6 août 2013 15 h 58

    Réveille-toi, l'Inde!

    Inde, terre sainte?
    C'est encore plus dégoûtant que cela se passe en Inde, que ce viol collectif répugnant ait eu lieu en son sein.
    Que l'Inde se roule dans la fange ainsi, alors qu'elle devrait montrer la route aux autres nations vers plus de clarté!
    Qui va nous éclairer maintenant sur terre? De quel côté va-t-on se tourner?
    Réveille-toi, l'Inde! Sois digne de ta destinée!