Le viol de Nirbhaya - Verdict attendu fin mai

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Le procès des accusés du viol collectif et du meurtre de la jeune femme de 23 ans, à Delhi en décembre dernier, est terminé « à presque 90 % » et un verdict est attendu avant la fin du mois de mai, a affirmé à une télé indienne le chef de la police de la capitale, Neeraj Kumar.
 
Le procès, ouvert il y a trois mois et soumis à des procédures accélérées, s’est déroulé à huis clos. Si, depuis les événements de décembre, le débat social autour de la question du viol s’est poursuivi avec une très grande intensité en Inde, il a été peu question dans les médias du procès comme tel. Comme le crime a soulevé dans le pays une vague d’indignation sans précédent contre la violence faite aux femmes et que les accusés — qui ont plaidé non coupable — sont passibles de la peine capitale pour le meurtre de la victime, le verdict va inévitablement faire beaucoup de bruit.
 
Six hommes impliqués

Six hommes ont été arrêtés pour le crime commis dans un autobus, le dimanche 16 décembre dernier, alors que la victime – appelée Nirbahya (Sans peur) par les médias, comme la loi interdit d’identifier les victimes de viol – rentrait du cinéma en milieu de soirée en compagnie d’un ami. L’un des accusés, le chauffeur de l’autobus, considéré comme le meneur du groupe, est mort en prison après s’être apparemment pendu. D’aucuns croient plutôt au meurtre. Un autre, dont la justice a déterminé qu’il avait 17 ans et demi au moment du crime, est jugé par un tribunal de la jeunesse. Son cas a soulevé la controverse, beaucoup jugeant qu’il aurait dû être jugé avec les adultes. L’enquête de police a déterminé que, pendant le viol sauvage de la jeune femme, ce mineur avait été particulièrement violent.
 
La police indienne en général et l’officier Kumar en particulier ont été très critiqués pour le manque criant d’empathie policière à l’égard des femmes qui portent plainte pour agression sexuelle. Le chef de police s’est dit convaincu que cette culture d’indifférence avait déjà commencé à changer. Invité par ailleurs à se prononcer sur l’idée d’imposer la peine de mort aux violeurs, ce que l’« opinion publique » indienne revendique à cor et à cri, mais ce que le gouvernement désapprouve, le chef Kumar a défendu une position plutôt abolitionniste, faisant valoir que la justice indienne avait « envoyé à la potence des meurtriers et des terroristes », mais que cela n’avait pas pour autant fait cesser ces crimes.

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