Un viol déclenche de nouvelles manifestations à Delhi

Troisième jour de manifestations à la suite d’un autre viol épouvantable commis la semaine dernière à Delhi, celui d’une fillette de cinq ans qui, laissée pour morte par ses agresseurs, se remet actuellement à l’hôpital d’affreux sévices. Deux jeunes hommes, de 22 et 19 ans, ont été arrêtés. Sans avoir l’ampleur des manifestations qui ont éclaté en décembre dernier, suivant le viol collectif et le meurtre de la jeune physiothérapeute de 23 ans, celles-ci viennent à nouveau témoigner du ras-le-bol que beaucoup d’Indiennes et d’Indiens éprouvent devant la violence faite aux femmes et l’impunité dont jouissent ceux qui la commettent.

Comme en décembre, les autorités ont fait fermer des stations de métro et bloquer la circulation à proximité du Parlement et du quartier général de la police dans l’espoir d’étouffer les manifestations. Et comme en décembre, l’indifférence policière a été montrée du doigt – dans la foulée, cette fois-ci, d’allégations voulant que deux agents aient tenté de convaincre le père de la victime d’oublier l’affaire en lui offrant 2000 roupies (40 dollars).

Des activistes ont à nouveau réclamé la tête du chef de la police de Delhi, Neeraj Kumar, critiqué pour l’insensibilité avec laquelle il a réagi au viol d’il y a quatre mois et aux grandes manifestations que ce crime a déclenchées. Lundi en conférence de presse, M. Kumar a exclu toute idée de démission tout en promettant une «action exemplaire» contre les policiers coupables de négligence dans le traitement de l’affaire. Il a par ailleurs plaidé que l’enregistrement de plaintes pour viol avait augmenté de «158,66 pour cent» depuis le début de 2013. «Cela montre, s’est-il défendu, que la tendance (des services policiers) à décourager les femmes de porter plainte a diminué de façon spectaculaire depuis les événements de décembre.»

2 commentaires
  • Georges LeSueur - Inscrit 22 avril 2013 17 h 36

    La culture machiste...

    Pour violer une fillette de cinq ans il faut être monstrueusement déboussolé !
    Il n'y a malheureusement qu'une répression immédiate pour mettre fin à ces sauvages agressions sexuelles, dès que la culpabilité est démontrée.
    La crédibilité de la justice et l'honorabilité de la conscience indienne est en cause.

    Le peuple devrait bénéficier d'une intense campagne de sensibilisation assortie d'une sévère mise en garde sur les conséquences punitives réservées aux violeurs.
    Si le laxisme est vrai et que deux agents ont tenté de convaincre le père de la victime d’oublier l’affaire en lui offrant de l'argent, il faut aussi impérativement réformer la police.

    Les chefs de police tels Neeraj Kumar et ses semblables finiront par comprendre.
    Tous les viols doivent être rapportés et leurs auteurs punis.
    C'est de cette manière que les femmes retrouveront la sécurité. Et l'Inde, sa dignité !

  • Denise Lauzon - Inscrite 23 avril 2013 11 h 48

    La religion et l'impunité à la base de ces viols

    L'indouisme comme l'Islam imposent des règles de conduite très strictes en matière de sexualité et plus particulièrement l'interdit de relations sexuelles avant le mariage. De plus, dans ces deux religions, les hommes qui veulent se marier doivent souvent donner d'importantes sommes d'argent à la belle-famille et en ce sens, beaucoup d'Indiens et de musulmans n'ont pas les moyens financiers pour envisager un mariage.

    Je ne veux en aucun cas minimiser les viols commis contre des fillettes ou des femmes d'âge adulte car ce sont des crimes atroces qui, comme on le sait, laissent des marques évidentes. Cependant, il est important de rappeler que des règles strictes empêchant l'épanouissement de la sexualité peuvent entraîner toutes sortes de déviances. Il y a aussi des problèmes d'impunité qui amènent les violeurs à penser qu'ils peuvent s'en tirer sans accusation.

    Heureusement, les manifestations dénonçant ces viols semblent en voie de pouvoir apporter des changements de mentalité.