Mourir en santé, le rêve

Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, y compris en journalisme, je reviens sur une grande étude publiée il y a trois mois par la revue médicale Lancet sur la maladie et les problèmes de santé dans le monde. L’étude contient des données éclairantes sur l’Inde - dans un contexte où près de la moitié des Indiens n’ont pas 25 ans à l’heure actuelle et où la tendance lourde y est à la privatisation des soins de santé. L’étude, intitulée The Global Burden of Disease Study 2010, est un projet collaboratif mené sur cinq ans dans 50 pays par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington.

Conclusion générale et plutôt attendue de l’étude: on vit de plus de plus longtemps, mais plus souvent malade aussi. L’Inde ne fait pas exception. L’homme indien vit en moyenne 15 années de plus qu’il y a quarante ans. Son espérance de vie est aujourd’hui de 63 ans. Celle d’une femme est de 67 ans et demi; c’est 18 années de plus qu’en 1970. Encore que l’espérance de vie en Inde est inférieure d’une bonne décennie à ce qu’elle est en Chine et aux États-Unis. Aussi, la femme comme l’homme indien vieillissent dans la maladie pendant, en moyenne, les dix dernières années de leur vie.
 
L’Inde tend vers le monde occidental en ce que le cancer et les maladies cardiaques tuent de plus en plus de gens. Avec l’hypertension artérielle, précise cependant l’étude, le plus important facteur pathogène chez l’adulte est la «pollution intérieure de l’air», étant donné que les Indiennes continuent de cuisiner, surtout à la campagne où vit la majorité de la population, sur du bois, du charbon et de la bouse de vache ou de buffle. Les combustibles solides émettent des gaz toxiques comme le monoxyde de carbone et le formaldéhyde. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même évalué que la pollution de l’air dans une maison rurale indienne où l’on utilise les chulhas (fours traditionnels) était trente fois supérieure aux niveaux acceptables. Et qu’elle était six fois plus élevée aux niveaux enregistrés dans la capitale, New Delhi, où la croissance du parc automobile, comme dans la plupart des villes indiennes, rend l’air de plus en plus irrespirable.
 
Le Devoir
 
 
 

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