Policière et poète enragée

Le cinéaste bollywoodien Mahesh Batt a estimé qu’il serait temps de coucher les services de police du pays sur le divan du psychiatre pour examiner d’où leur vient leur «haine» des minorités.
Photo: www.bollywoodhungama.com Le cinéaste bollywoodien Mahesh Batt a estimé qu’il serait temps de coucher les services de police du pays sur le divan du psychiatre pour examiner d’où leur vient leur «haine» des minorités.

L’été dernier à Mumbai, s’est tenue une manifestation de solidarité avec les communautés musulmanes victimes de violences xénophobes en Assam, un petit État du nord-est de l’Inde, et dans la Birmanie voisine. Violences qui, au bas mot, ont fait cent morts. La manifestation de Mumbai a tourné à l’émeute et à l’affrontement avec les policiers – incendie de bus, d’autos, de véhicules de transmission des médias…

Les événements ont inspiré à Sujata Patil, agente de circulation, un «poème» qui a été publié début janvier dans le journal de la police, Sannwad. Poème dans lequel elle regrette que les policiers n’aient pas tiré sur les manifestants, qu’elle qualifie de «traîtres et de serpents». Dans lequel elle fait également valoir que leur couper une main les aurait convaincus de ne pas recommencer.

Indignés par ces propos, des leaders de la communauté musulmane se sont adressés aux tribunaux pour faire punir cet avatar du matricule 728 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Toujours prêt à commenter l’actualité, le cinéaste bollywoodien Mahesh Batt a estimé qu’il serait temps de coucher les services de police du pays sur le divan du psychiatre pour examiner d’où leur vient leur «haine» des minorités.

Les musulmans sont 160 millions en Inde, l’équivalent de la population du Pakistan, musulmane à 96%. Ils sont une «minorité» qui se sent, à très juste titre, victime de discrimination sociale et systémique - ce qui n’exclut évidemment pas qu’en certains secteurs, ils jouent sur ce sentiment de persécution pour attiser leur propre haine de l’autre.

En décembre, le viol de l’étudiante dans un autobus à Delhi a montré pour la énième fois à quel point les corps policiers sont insensibles au grave problème de la violence faite aux femmes en Inde. Leur insensibilité à l’égard de la minorité musulmane est elle aussi bien documentée.

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