Elle aurait dû réciter le mantra de Saraswati

On ne peut guère espérer que le gourou Asaram Bapu, leader spirituel indien connu, devienne plus ouvert d’esprit à l’égard des femmes, mais on peut s’attendre à ce que ses propos servent de repoussoir. Dimanche, selon le réseau CNN-IBN, il a déclaré devant des fidèles en banlieue de la capitale que l’étudiante victime du viol à Delhi «était aussi coupable que ses violeurs».

«Elle aurait dû appeler les coupables "mes frères" et les supplier d’arrêter… Cela aurait pu sauver sa dignité et sa vie, a-t-il dit. Peut-on applaudir d’une seule main? Je ne pense pas.» Si elle avait récité le mantra de la déesse Saraswati, a estimé le gourou de 71 ans, «elle ne serait montée dans aucun autobus après être allée au cinéma avec son petit ami».

Il n’y a pas lieu, du reste, de renforcer la loi contre le viol parce que certaines femmes risquent d’en abuser, a-t-il affirmé.

Ses propos ont été repris et dénoncés partout. Devant le tollé, le gourou a dit «avoir pitié des gens qui déformaient mes propos», pointant en particulier «les médias qui reçoivent leur financement de l’étranger».

Le chef du RSS, Mohanrao Bhagwat, a fait en fin de semaine une sortie du même ordre, affirmant que la place de la femme était à la maison et que le viol était un problème urbain attribuable à l’influence occidentale. Le RSS est une organisation hindouiste radicale et constitue le noyau dur du BJP, deuxième parti national après le Parti du Congrès. La déclaration en a fait tiquer plusieurs, y compris même au sein du BJP.

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11 commentaires
  • Daniel Côté - Inscrit 8 janvier 2013 12 h 29

    Pour citer Audiard...

    "Un con, ça ose tout, c'est même a ça que le reconnait!"

    La seule chose que l'on peut reprocher aux médias, c'est d'accorder de l'intérêt a ce type de personne....

  • Jean Guy Nadeau - Abonné 8 janvier 2013 13 h 03

    Sagesse!

    On nous a longtemps rabâché les oreilles avec "la sagesse des vieilles civilisations". Heureusement que les féministes nous ont interpellés sur la chose. En fait, on en vient à se demander en quoi elles étaient si sages. Mais on comprend pourquoi l'église catholique s'est opposée à la modernité qui remettait en cause cette dite sagesse.

  • Pierre Mayers - Abonné 9 janvier 2013 07 h 22

    Je ne comprend pas comment ces hommes peuvent regarder leur compagne et leur fille sans avoir honte!

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 janvier 2013 08 h 36

    Politesse

    «Elle aurait dû appeler les coupables "mes frères" et les supplier d’arrêter...» Ben oui, elle aurait du être plus polie envers ces messieux. Le manque d'éducation des femmes, une vrai plaie !

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 janvier 2013 14 h 56

    Comment ils peuvent les regarder?

    En fait, M. Mayers, la question devrait être comment les hommes en Inde, en général, regardent-il les femmes et les femmes à naître... L'Inde a le plus haut taux d'avortement sélectif, autrement dit de foetus féminin: il y a présentement 1 femme pour trois hommes et on peut penser que d'ici quelques années se sera 1 pour 5... (La Chine a le deuxième rang je crois pour ce qui est du ratio hommes femmes) Il ne faut pas oublier non plus que dans certaines régions où les cliniques qui fournissent ces avortements sont inexistantes on y pratique encore le meurtre des filles à la naissance.

    Pour finir le portrait de ce pays tellement idylique, qui nous abreuve de sa culture millénaire, je citerai Mme Roy qui, suite à un autre article de M. Taillefer sur le même sujet, écrivait concernant l'avenir des femmes qui s'y annonce plutôt sombre "car en Inde les vaches y sont davantage respectées que les femmes". Très juste, hélas. Il était temps que ça sorte, depuis des années que j'en parlais sur les forum du Devoir sans avoir aucun écho: on en avait que contre l'islam.

    La misogynie, religieuse ou pas n'a pas de frontière.