Elle aurait dû réciter le mantra de Saraswati

On ne peut guère espérer que le gourou Asaram Bapu, leader spirituel indien connu, devienne plus ouvert d’esprit à l’égard des femmes, mais on peut s’attendre à ce que ses propos servent de repoussoir. Dimanche, selon le réseau CNN-IBN, il a déclaré devant des fidèles en banlieue de la capitale que l’étudiante victime du viol à Delhi «était aussi coupable que ses violeurs».

«Elle aurait dû appeler les coupables "mes frères" et les supplier d’arrêter… Cela aurait pu sauver sa dignité et sa vie, a-t-il dit. Peut-on applaudir d’une seule main? Je ne pense pas.» Si elle avait récité le mantra de la déesse Saraswati, a estimé le gourou de 71 ans, «elle ne serait montée dans aucun autobus après être allée au cinéma avec son petit ami».

Il n’y a pas lieu, du reste, de renforcer la loi contre le viol parce que certaines femmes risquent d’en abuser, a-t-il affirmé.

Ses propos ont été repris et dénoncés partout. Devant le tollé, le gourou a dit «avoir pitié des gens qui déformaient mes propos», pointant en particulier «les médias qui reçoivent leur financement de l’étranger».

Le chef du RSS, Mohanrao Bhagwat, a fait en fin de semaine une sortie du même ordre, affirmant que la place de la femme était à la maison et que le viol était un problème urbain attribuable à l’influence occidentale. Le RSS est une organisation hindouiste radicale et constitue le noyau dur du BJP, deuxième parti national après le Parti du Congrès. La déclaration en a fait tiquer plusieurs, y compris même au sein du BJP.

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