Les innovations en action

«Il existe encore un fossé entre la prise de conscience environnementale des entreprises québécoises et la mise en place d’une démarche significative et structurante d’écoresponsabilité», écrit Denis Leclerc.
Photo: Agence France-Presse «Il existe encore un fossé entre la prise de conscience environnementale des entreprises québécoises et la mise en place d’une démarche significative et structurante d’écoresponsabilité», écrit Denis Leclerc.

À la veille du Grand Rendez-vous de l’innovation québécoise organisé les 18 et 19 novembre, le gouvernement du Québec a devant lui une occasion formidable à saisir pour mettre en place des solutions concrètes qui lui permettront d’arrimer trois piliers de son action : la Stratégie québécoise de recherche et innovation, les politiques d’approvisionnement et d’investissement publics, ainsi que la Stratégie gouvernementale de développement durable. L’arrimage de ces trois piliers est fondamental pour mettre les innovations en action.

La COP26 s’est terminée devant ce constat : la communauté internationale a grimpé de nouvelles marches, mais il lui faudra faire de plus grandes enjambées et le faire plus rapidement si l’humanité souhaite atteindre le sommet de l’escalier avant que l’édifice ne s’écroule. Les entreprises auront un rôle crucial à jouer pour accélérer la cadence, et elles devront user de toute leur ingéniosité pour adapter, voire transformer leurs modèles d’affaires.

Dans une enquête publiée en septembre 2021, l’Institut de la statistique du Québec relevait qu’à peine une entreprise sur 10 avait adopté la pratique visant à réduire les émissions de GES associées à ses activités et moins de 4 entreprises sur 10 tentaient de diminuer l’impact environnemental de leurs produits ou services ou de mettre en place un approvisionnement écoresponsable. Il existe ainsi encore un fossé entre la prise de conscience environnementale des entreprises québécoises et la mise en place d’une démarche significative et structurante d’écoresponsabilité.

Comment peut-on mobiliser davantage les entreprises pour qu’elles incorporent leur performance environnementale et climatique à leurs modèles d’affaires ? Comment l’État pourrait-il jouer un rôle d’accélérateur ?

Voici une suggestion simple : en exigeant que les entreprises qui bénéficient de contributions financières ou de programmes gouvernementaux démontrent qu’elles font les efforts pour mettre en place des pratiques écoresponsables, y compris l’adoption de technologies propres québécoises afin de lutter contre les changements climatiques et préserver les ressources. Cette approche contribuerait à améliorer l’efficacité opérationnelle des entreprises tout en réduisant leur empreinte environnementale ou climatique.

En conjuguant une approche qui s’inscrit dans le financement durable pour encourager l’adoption de pratiques écoresponsables au sein des entreprises, le gouvernement concourrait à renforcer le leadership du Québec en matière de finance durable. Rappelons l’annonce récente selon laquelle Montréal deviendra sous peu la plaque tournante de la finance durable en Amérique du Nord.

Les moyens existent

Initié par le gouvernement du Québec et coordonné par le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD), en collaboration avec le Centre québécois de développement durable (CQDD) et Écotech Québec, le Fonds Écoleader est un programme d’envergure qui met à la disposition des entreprises et des organisations un réseau d’agents pour les guider dans leur démarche, en plus d’un financement pour réaliser des diagnostics et des études visant à mettre en place des pratiques écoresponsables.

Par la suite, Écotech Québec met en relation ces entreprises avec des innovateurs en technologies propres, avec ses initiatives des Grands Rendez-vous et les ateliers de maillage Inno+. Et si l’innovation n’existe pas ? Écotech Québec fait alors appel à la créativité des chercheurs d’ici pour codévelopper une solution innovante qui pourra par la suite être commercialisée aux quatre coins du globe.

Bref, les moyens existent pour les entreprises pour mettre en place une démarche d’écoresponsabilité. Et espérons que d’autres outils seront déployés sous peu, car nous sommes devant l’urgence de mettre les innovations en action.

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