Salon aéronautique du Bourget - Québec encourage les entreprises à se tourner vers l'étranger

Paris — Des entreprises québécoises se rendront l'automne prochain chez le constructeur américain Sikorsky pour tenter d'obtenir des retombées du programme de renouvellement des hélicoptères maritimes de la Défense canadienne.

Le ministre du Développement économique, Claude Béchard, a annoncé hier l'organisation de cette mission, acceptée à la faveur du Salon du Bourget par le vice-président chargé des programmes gouvernementaux chez Sikorsky, Paul Martin.

Ottawa a confié à Sikorsky la construction de 28 hélicoptères appelés à remplacer les vieux Sea King. Ce choix a suscité de nombreuses inquiétudes, particulièrement au Québec, qui aurait sans doute profité davantage du projet concurrent, défendu par le consortium Cormorant. Avec Sikorsky, la situation est moins claire: «Les portes n'étaient pas fermées, mais elles ne s'ouvraient pas non plus», a résumé le ministre.

Au Bourget, M. Béchard a pu constater que le constructeur américain était «à la recherche de fournisseurs». Il a donc demandé aux responsables du groupe de recevoir les PME québécoises «pour qu'elles puissent montrer ce qu'elles peuvent faire».

Un défi

Aux yeux du ministre du Développement économique, la conquête de marchés étrangers constitue désormais le «premier défi» des PME québécoises de l'aéronautique. Celles-ci se sont développées grâce aux grands donneurs d'ordres que sont Bombardier ou Pratt et Whitney. Québec entend désormais les aider à varier leurs carnets d'adresses et de commandes.

«On est prêt à adapter nos programmes pour les soutenir», a assuré M. Béchard, en rappelant que les prêts sur redevances, comme ceux que Québec a accordés à Bombardier pour le développement de la série C, n'existaient pas il y a un an encore.

Le contexte apparaît, il est vrai, particulièrement favorable. L'industrie mondiale de l'aéronautique affiche une santé insolente et un optimisme rayonnant, alors qu'elle pataugeait dans la sinistrose lors du précédent Salon du Bourget, il y a deux ans.

«On sent une reprise du marché. On sent l'industrie qui vibre de nouveau. C'est très excitant», a raconté le patron de Bombardier, Pierre Beaudoin, en annonçant que l'avionneur assemblerait à Mirabel sa nouvelle série C.

«On a un nombre de projets incroyables», a ajouté Alain Bellemare, le président du motoriste Pratt et Whitney, trop heureux de rappeler que sa société avait non seulement comblé mais aussi «largement rattrapé» la chute de 40 % de ses activités enregistrée entre 2000 et 2003.

Ce changement d'ambiance s'est vérifié lors de la réception offerte à l'occasion du Bourget par le Délégué général du Québec à Paris. On y attendait 150 invités: ils étaient 250. «Ils ont failli manquer de verres pour le champagne», a-t-on raconté.

Il faut dire qu'il est devenu difficile d'ignorer la sixième puissance aéronautique du monde, a noté un spécialiste, en soulignant qu'on trouvait parmi les invités des responsables de très haut niveau, notamment un des dirigeants de l'important projet Galileo, le futur système de navigation par satellite appelé à concurrencer le GPS américain. «Il souhaite travailler avec les entreprises québécoises», a assuré M. Béchard.

Une quarantaine d'entreprises québécoises ont pris part au Salon du Bourget cette année, un record.

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