Salon international du Bourget - Pratt et Whitney vise le marché des jets régionaux

Le Bourget — En se lançant dans le développement du moteur du nouvel avion de la série C de Bombardier, Pratt et Whitney Canada affiche son ambition de se tailler une place sur le marché des jets régionaux.

Le motoriste avait manqué la première vague des regional jets dans les années 1990. Il n'entend pas rater la prochaine, a prévenu son président Alain Bellemare, au moment où s'ouvrait au Bourget, hier, le Salon international de l'aéronautique.

Dimanche, Pratt et Whitney a annoncé qu'il avait pris, à la demande de l'avionneur, le «leadership du développement» du moteur de la série C. Alain Bellemare voit dans ce projet, dont le lancement est prévu pour l'automne, l'occasion de repositionner l'entreprise de Longueuil. «Ce moteur nous intéresse pour plusieurs raisons, a-t-il expliqué en entrevue. Premièrement: parce qu'on veut revenir sur le marché des avions commerciaux. Deuxièmement: parce que c'est un moteur qui pourrait servir éventuellement pour les jets régionaux. Troisièmement: parce qu'il pourrait avoir également des dérivés pour les avions d'affaires haut de gamme.»

À ces considérations s'en ajoute une quatrième, «plus fondamentale»: Pratt et Whitney Canada, dit son patron, «croit au marché des avions de 110 et 130 places que Bombardier cible».

Le motoriste n'avait pas fait la même analyse lorsque Bombardier, faisant évoluer son Challenger, avait lancé le marché des jets régionaux. «Les gens croyaient plus ou moins à ce marché-là, a rappelé Alain Bellemare. On trouvait que les turbopropulseurs étaient plus efficaces et plus économiques. Nous n'avions donc pas développé de moteurs pour ce créneau à temps.»

Pratt et Whitney avait bien tenté de rattraper le coup pour le brésilien Embraer, mais il ne disposait pas encore du savoir-faire technologique nécessaire. La donne a changé. «Aujourd'hui, entre Pratt et Whitney Canada et Pratt & Whitney US, on a la technologie prête pour ce segment de marché», assure M. Bellemare.

Pour les avions de la série C, qui seront assemblés à Mirabel, PWC développera un moteur plus puissant que ceux qu'il fabrique habituellement: le nouvel engin développera de 21 000 à 23 000 livres de poussée, alors que le motoriste s'était donné pour objectif de créer des moteurs ne dépassant pas la limite des 20 000 livres.

Avec la nouvelle gamme de produits qu'elle développera éventuellement à partir du nouveau moteur de la série C, l'entreprise espère faire enfin sa marque sur le marché des avions régionaux de la nouvelle génération. Il ne délaissera pas pour autant, évidemment, celui des avions à turbopropulseurs, marché qui connaît une reprise «très intéressante», a noté Alain Bellemare, et sur lequel il demeure un «acteur majeur».

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