Charest s'accroche

Le premier ministre Jean Charest, lors de l’entretien accordé au Devoir, hier, à ses bureaux de Montréal. Le chef du PLQ reste déterminé à aller au bout de ses réformes.
Photo: Jacques Grenier Le premier ministre Jean Charest, lors de l’entretien accordé au Devoir, hier, à ses bureaux de Montréal. Le chef du PLQ reste déterminé à aller au bout de ses réformes.

Contre vents et marées, Jean Charest est résolu à rester premier ministre pour achever ce qu'il a commencé et solliciter un deuxième mandat.

C'est ce qu'a affirmé, hier, le premier ministre au cours d'une entrevue qu'il a accordée au Devoir à ses bureaux de Montréal. Quand on lui a fait remarquer que Philippe Couillard se préparait à le remplacer, M. Charest s'est montré catégorique. «De toute façon, c'est moi qui vais être chef du Parti libéral du Québec aux prochaines élections», a-t-il dit. «Il n'y a pas de course au leadership.»

Pour souligner les deux ans de son gouvernement, M. Charest a accordé, hier, une série d'entrevues en rafale aux principaux médias écrits. Un sondage ravageur de Léger Marketing publié hier dans Le Journal de Montréal montrait que 78 % de la population — un sommet — était insatisfaite du gouvernement Charest. Le PLQ n'avait plus que 21 % des intentions de vote, contre 28 % pour l'Action démocratique du Québec et 47 % pour le Parti québécois.

Les appuis de la communauté d'affaires à son endroit ont faibli; Jean Charest en convient. «C'est un film qu'on a déjà vu», a -t-il dit. «J'ai vu exactement la même chose au printemps 2002. Même chose avec le mouvement dans les sondages.» À cette époque, l'opposition officielle n'allait nulle part, et l'appui au chef libéral était au plus bas dans les sondages.

Les difficultés qu'a éprouvées son gouvernement sont «normales», estime M. Charest. Il y a un prix à payer. «Je ne connais pas de gouvernement de transformation pour lequel ç'a été un mandat linéaire, sans obstacles, sans difficultés.»

La commission Gomery place tous les acteurs politiques dans une situation sans pareille. «Pour ce qui est du contexte politique, avouons que c'est assez unique. Je n'ai jamais vu un environnement [comme celui] dans lequel nous sommes, en 20 ans de vie politique», a-t-il dit. «Il y a un contexte qui affecte toute la classe politique.» Jean Charest n'a pas manqué d'imiter Jean Lapierre en visant le PQ. «Qui aurait pensé que dans l'affaire [sic] Gomery, c'est le Parti québécois qui se retrouverait sur la sellette?»

Quant à la révélation que Groupaction a versé 50 000 $ à Groupe Everest, une firme proche de M. Charest, pour soutenir la campagne électorale du PLQ en 1998, le chef libéral a souligné que son parti n'avait trouvé aucune trace de cette somme. Jean Brault a d'ailleurs dit qu'il était passé par le Groupe Everest pour que cette contribution ne laisse aucune trace.

Jean Charest n'appréhende pas les témoignages des dirigeants d'Everest à la commission Gomery. «Je suis très à l'aise avec la relation que j'ai eue avec Everest», a-t-il dit. Le Groupe Everest «a fait partie» de la campagne de 1998 des libéraux et, ensuite, «il n'y a plus eu de liens», a-t-il soutenu. «Je n'ai rien à me reprocher.»

Aux sondages misérables, Jean Charest répond par la détermination. «Dans un environnement comme celui-là, il faut persévérer.» Le gouvernement doit rester fidèle à ses engagements. «Oublions les raccourcis, oublions le court terme, oublions toutes les questions de perception pendant un instant, puis revenons à l'essentiel. La réussite d'un gouvernement, de tous les gouvernements que j'ai vus, consiste d'abord à mettre en oeuvre le projet qu'il a présenté à la population, d'avoir la volonté et la détermination d'aller jusqu'au bout», a-t-il fait valoir.

Les baisses d'impôt sont toujours au menu bien que la promesse de réduction de un milliard par année n'ait plus court. Jean Charest parle désormais de rejoindre la moyenne canadienne. «Arriver à la moyenne canadienne, en soi, ce n'est pas la révolution», estime-t-il. Les baisses d'impôt ne seront pas financées par une diminution dans les services publics ou par des compressions dans l'aide sociale. «Il ne sera jamais question de faire des baisses d'impôt sur le dos des démunis ou en sacrifiant les services aux citoyens», a-t-il assuré, court-circuitant les rumeurs qui circulaient récemment à ce sujet.

On sait maintenant que le budget et les crédits du gouvernement ne seront pas déposés avant le mois de mai. Le gouvernement procède «avec rigueur» à une revue de ses dépenses qui «ressemble beaucoup à ce qu'on a fait dans les années passées», a précisé M. Charest. Ce genre d'analyse, même si elle retarde le dépôt des crédits, «c'est la nouvelle norme».

Vous ne ferez pas admettre à Jean Charest que son gouvernement a commis des erreurs. Le bilan de ce gouvernement qui célébrera ses deux ans de pouvoir le 14 avril prochain est «très positif», a-t-il fait valoir. En santé, la situation s'améliore. Pour certaines chirurgies, les délais d'attente ont diminué. «À d'autres endroits, il y a toujours des délais d'attente, mais c'est parce que les besoins augmentent plus rapidement que ce qu'on a pu mettre de termes de fonds», a-t-il admis. L'économie roule bien: les exportations ont repris, le chômage a légèrement diminué, et la croissance des investissements privés a été forte, a énuméré le premier ministre. La question qu'il faut se poser est la suivante, selon Jean Charest: est-ce que les Québécois sont mieux aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a deux ans? Oui, répond-il sans sourciller.
2 commentaires
  • Joëlle Leduc - Inscrite 12 avril 2005 08 h 57

    Économie et baisse d'impôt

    Dans cette entrevue, M. Charest affirme que les baisses d'impôts ne se feront pas au détriment des services à la population. Je me demande bien de quels services il parle. Il a déjà coupé dans le transport, dans la culture, dans l'éducation et aussi dans l'assitance sociale par le biais de la clause Tanguy.

    Il affirme que l'économie va de mieux en mieux ce qui est plus un argument pour augmenter les impôts que pour les diminuer. Pourquoi réduire les paiements quand les gens ont plus les moyens de payer? Si on veut bâtir quelque chose au lieu de se contenter de rapiècer année après année, il faut des fonds. Si on veut augementer le financement du système de santé à mesure que les besoins augmentent, il faut de l'argent!

    Jean Charest veut-il bâtir un Québec meilleurs pour tous ces concitoyens ou faire plaisir à ses amis riches en baissant les impôts?

  • Reynald Savard - Inscrit 13 avril 2005 21 h 56

    Jean Charest (UN DIABLE DANS L'EAU BÉNITE)

    Jean Charest est comme un diable dans l'eau bénite et il tire sur tout ce qui bouge...

    Les étudiants sont retournés sur les bancs d'écoles mais ces derniers ne le lâcheront pas car le gouvernement à fait une erreure majeure en transformant 103 millions de bourses en prêts...

    Ce gouvernement n'a pas respecté sa parole envers les étudiants qui avaient décidés de continuer leurs études dû au fait qu'ils pouvaient profiter de bourses d'études....Mais aujourd'hui ces étudiants sont soient à la fin du Bac ou en maîtrise Charest leur dit arrangez vous avec vos troubles...Belle façon de diriger le Québec...Il joue avec la paix sociale et cela pourrait lui petter dans la face mais il sera trop tard...Il l'aura mérité.

    Jean Charest n'a pas de parole...Il est simplement dangereux... Son départ est souhaité.