Le PQ retrouve une partie de l'argent de Groupaction

Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a expliqué hier que tout l’argent reçu d’employés de Groupaction serait placé dans un compte en fidéicommis.
Photo: Pascal Ratthé Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a expliqué hier que tout l’argent reçu d’employés de Groupaction serait placé dans un compte en fidéicommis.

Le Parti québécois estime avoir jusqu'à maintenant retrouvé la trace de 20 000 à 30 000 dollars en contributions reçues de la part d'employés de Groupaction, a indiqué hier le chef Bernard Landry en se défendant de vouloir se servir des déboires de ses adversaires politiques pour donner du souffle au PQ et à l'option souverainiste.

Selon les témoignages entendus devant la commission Gomery, l'entreprise anciennement dirigée par Jean Brault aurait non seulement alimenté une caisse occulte du Parti libéral du Canada, mais aussi les coffres du PQ en versant sur deux ans 100 000 dollars par l'entremise de certains employés dans l'espoir de conserver un contrat auprès de la Société des alcools du Québec. Or une autre agence a obtenu le contrat, et le PQ, qui s'estime victime d'une «arnaque», a l'intention de se départir de la totalité de ce qu'il a reçu.

«Je ne puis dire combien d'argent il y a [en tout], on verra», a indiqué hier le chef de l'opposition lors d'un point de presse en marge d'un congrès régional au Collège Bois-de-Boulogne, à Montréal. Le PQ a d'abord demandé au commissaire John Gomery de lui remettre une liste d'employés et d'actionnaires de Groupaction. Celui-ci ayant refusé, le parti procède autrement.

«D'après les noms que nous avons eus, nous avons retrouvé entre 20 000 et 30 000 dollars, et cette somme est maintenant dans un compte en fidéicommis», a dit M. Landry, qui disait il y a quelques jours vouloir consulter le directeur des élections, entre autres, pour déterminer ce qu'il devait faire de cet argent. Quant à savoir si le PQ avait l'intention d'ajouter des poursuites judiciaires à sa recherche, le chef péquiste s'est limité à dire que «nos conseillers juridiques sont à l'oeuvre sur toutes les hypothèses de cette affaire».

Livrant un discours dans lequel il évoquait l'importance que représentent les communautés culturelles aux yeux du Parti québécois, Bernard Landry a toutefois insisté longuement sur les événements relatés devant la commission Gomery. «C'est Groupaction qui a demandé de venir nous voir. Nous ne leur avons jamais rien promis ni rien offert», a-t-il martelé devant quelque 150 militants.

Or la commission Gomery a également entendu des allégations selon lesquelles le Parti libéral (PLQ) de Jean Charest aurait lui aussi reçu de l'argent de Jean Brault, une inconduite contre laquelle le PLQ se défend en disant n'avoir rien trouvé dans ses coffres. Bien qu'il estime malvenu de «surfer sur les malheurs de l'autre», Bernard Landry s'est permis de qualifier la position de ses opposants politiques.

«Ça va mal pour Jean Charest, ça va mal pour les fédéraux, ça va faire des circonstances favorables pour l'indépendance, même si celle-ci doit être une question de fond, de conviction, de liberté et de coeur», a-t-il dit. «Si les adversaires sont dans un état tel que les a placés Jean Chrétien, ils sont moins crédibles, c'est certain», ajoutait-il auprès de la presse.

Et si le scandale menait directement à la tenue d'élections précipitées? Prié de se prononcer sur l'idée d'avoir, comme interlocuteur fédéral, un Stephen Harper plutôt qu'un Paul Martin, Bernard Landry a répondu comme suit: «C'est le peuple du Canada qui va décider, mais quand un gouvernement et un parti comme le Parti libéral du Canada sont à ce niveau de corruption, je me demande si même des gens de gauche n'aimeraient pas mieux avoir des gens de droite mais honnêtes, qu'avoir un parti avec des apparences progressistes et qui nage dans le scandale.»

Sur la question du financement, qui interdit la participation des entreprises, le chef péquiste est revenu sur l'idée de confier à l'État le soin de financer les partis politiques, mais estime que celle-ci devrait constituer une solution de dernier recours. L'idéal, dit-il, serait de resserrer les règles actuelles. «J'aime bien que des gens nous donnent cinq ou dix dollars et posent un geste militant», a dit M. Landry. «Si Jean Charest n'a pas le temps [de baliser la question], nous le ferons lorsque nous serons de retour au pouvoir.»

Le premier ministre Charest a lui-même indiqué hier sur les ondes du réseau TVA qu'il était ouvert à «moderniser» la loi sur le financement des partis, mais qu'un tel exercice devait être fait «par consensus».

Par ailleurs, le Parti québécois mettra sur pied un comité chargé d'étudier le processus électoral ainsi que les règles à suivre dans le cadre d'un éventuel référendum. Luc Thériault, député de Masson et porte-parole en matière de réforme des institutions démocratiques, en sera le président. M. Landry a une fois de plus répété que le PQ demanderait la présence d'observateurs internationaux, une idée qui circule depuis au moins cinq ans.
7 commentaires
  • Bonnier,yvon - Inscrit 11 avril 2005 09 h 22

    contributions douteuses

    Il aura fallu l'enquête Gomery pour dévoiler que personne n'est à l'abrit de malversation si minime soit elle ! M. Landry semble vouloir nous faire croire à l'angélisme de son parti avec le remboursement des dons douteux. Tous et chacuns de nous savons que pour financer un parti politique , ça prend de l'argent , beaucoup d'argent et que pour obtenir ces sommes il exsiste plusieurs façons de s'y prendre ! En Angalis il y a une expression qui décrit cette façon de faire :
    " there are many ways to skin a CAT"

  • Aurel Godmaire - Inscrit 11 avril 2005 14 h 14

    Commandites

    Eh bien M. Landry comme vous voyez ce n'est pas un militant du parti libéral qui vous a donné et fait des dons à votre parti mais bien quelqu'un qui est du côté de votre parti. Ne me dite pas que quelqu'un de votre parti ne savait pas de qui venait toutes cette argent.
    J'ai hâte de voir combien de $ vous allez retrouvé.

    Aurel Godmaire

  • Étienne LaHire - Inscrit 12 avril 2005 10 h 01

    Corruption et... lâcheté du régime fédéral canadien

    Depuis 12 ans, ces gens-là ont travaillé avec la dernière énergie à démolir le pouvoir, l'influence légitime et la personnalité propre du Québec au sein du Canada (ne parlons même pas de la hargne et du mépris à l'égard du projet d'Indépendance québécois, pourtant si normal chez tout peuple digne de ce nom), ils ont en outre sombré dans la plus abjecte corruption que le Canada n'a jamais connue en confondant «Parti libéral» et «État». Ce fanatisme anti-Québec (essentiellement par les «Québécois d'Ottawa, comme le disait si bien Jean-François Lisée) leur explose maintenant en plein visage. Ils respirent et exhalent leurs propres déjections jusque dans l'haleine de leurs bouches, jusque dans la malhonnêteté «naturelle» de leur verbe.

    Or voici maintenant que les thuriféraires et inconditionnels de ce système-là (les Farid Kodsi, les Marie-France Legault et les pseudonymes d'icelles qui changent à chaque semaine, entre autres, pour ne parler que des plus bavards des forums du Devoir) tentent par tous les moyens d'entraîner dans leur propre déchéance les forces mêmes qu'il s'agissait d'abattre par ce système... de corruption.

    On écrase et on endoctrine le Québec, d'une part, on enrichit le PARTI LIBÉRAL et ses nombreux amis, d'autre part. Mais le Parti Québécois - première victime de cette vindicte de tous les instants - y est sûrement pour quelque chose... hein.

    Cherchez l'erreur...

    Les inconditionnels du fédéralisme, décidément, ne sont pas seulement corrompus jusqu'à l'os. Ils sont carrément lâches.

    Il «urge» de nous libérer de cette engeance. Car s'il était jusqu'à ce jour légitime pour les Québécois de travailler à la Libération du Québec de ce carcan prédateur canadien, il devient désormais impensable d'y demeurer plus longtemps.

    Ce Canada pestilentiel est devenu une honte duquel il faut s'éloigner - Nous, Québécois - le plus rapidement possible.

    Tous les Jean Chrétien, les André Ouellet, les Stéphane Dion, les Jean Pelletier, les Lucienne Robillard et les Alfonso Gagliano de ce monde ont fait leur temps. Au rebut de l'Histoire, messieurs/dames!

    Allez ! Ouste ! On a un pays à bâtir, ici. On n'a rien à faire de piètres gens comme vous dans cette tâche trop noble pour vos mains sales.

  • Laure Gardenelle - Inscrite 13 avril 2005 10 h 55

    Merci...

    Merci. Pour ce texte bien envoyé, M. LaHire.

    Ça nous change des drôleries répétitives - la «cassette» - des M-F Legault (Godmaire...) et de notre fonctionnaire fédéral de service.

    Oui, je crois que c'est inéluctable. Ou le Québec reprend ses billes et s'occupe lui-même de ses affaires, ou bien il persiste par pathologie à se laisser dévorer vif dans ce Canada qui inspire désormais la honte et le mépris.

    J'ai longtemps cru à «un Québec fort dans un Canada souple» (comme l'écrit toujours - sans rire! - André Pratte dans «LaPresse»). Mais j'ai fini par comprendre que c'est là un marché de dupes par lequel il s'agit, bien au contraire, d'affaiblir constamment le peuple québécois dans un Canada unitaire, autoritaire et absolument incapable de respecter la différence en son sein.

    Le fédéralisme canadien est tout ce qu'on veut sauf un État «fédéral» (du radical du latin «foedus» : «traité d'alliance»): c'est un régime autoritaire qui fait fi de la démocratie lorsque bon lui semble, et qui utilise la corruption et l'endoctrinement comme méthode de gouvernement.

    L'ex URSSS, regretté modèle du Kanada ???

    De fait, ce Canada qui fait la morale au monde entier est un pervers qui souille la démocratie dans sa propre maison. En effet. Pas étonnant, dès lors, que ce soient les Trudeau et les Jean Chrétien qui en constituent les «emblèmes», alors que l'Indépendance du Québec est associée de tout temps à des êtres d'idéal et de grande noblesse: René Lévesque, Gilles Vigneault, Gaston Miron, Pierre Bourgault, Jacques Parizeau...

    Et même Lucien Bouchard ! en dépit de ses velléités hélas bien québécoises...

    Le Canada aura été la grande déception de ma vie. Je fus longue, très longue à comprendre. Mais je crois que maintenant ça y est. Irréversiblement. Au soir de ma vie, j'ai envie de jeunesse...

    Le paradoxe, c'est qu'à la fin j'aurai été moins convaincue par M. Bernard Landry de sortir de cet étau asphyxiant que constitue le Kanada (pourtant homme hautement respectable) que j'aurai été convaincue par les Jean Pelletier, les Stéphane Dion, les Denis Coderre, les Jean Chrétien, les Pierre Pettigrew et les André Ouellet que ce pays ne veut absolument pas de moi comme «Québécoise»...

    Curieux retour de l'Histoire, tout de même.

    Aussi je crois, avec M. LaHire (et quelques millions d'autres citoyens) - et que M. Kodsi ne manquera pas, on peut parier là-dessus, d'injurier à nouveau - qu'il est impératif pour sa propre survie que la nation québécoise se libère dans les plus brefs délais de cet État décidément «étranger» à tous égards à la langue, à la culture et aux aspirations légitimes du Québec.

    Le Canada est effrayé à l'idée de l'Indépendance du Québec. Or il aura tout fait, mais vraiment tout, ce Canada, pour «forcer» le Québec à divorcer.

    Vraiment, le Canada est un pays pathologique jusqu'à la schizophrénie.

    Sauve qui peut ! Éloignons-nous avant d'inoculer à notre tour ce virus «mangeur de chair» dans notre propre tissu collectif.

    Déjà que l'un de nos premiers ministres a failli y passer...

  • FARID KODSI - Inscrit 13 avril 2005 21 h 18

    LaHire - en quête d'un autre merci

    L'individu LaHire s'évertue à balayer du revers de la main tout ce qui est canadien mais ces jours-ci, il en a plein les bras qu'il se voit dans l'obligation de demander du renfort de la part de ses perroquets séparatistes (les Gardenelle, Pisier, Lacroix, St-Gilles et compagnie) qui viennent à sa rescousse en multipliant leurs mercis pour ses éternels articles répétitifs, insipides, hargneux, insignifiants et futiles. Le ridicule tue, dit-on, mais dans le cas de cette gang d'indépendantistes, il semble les raviver, du moins ces temps-ci.