Le Québec participe à un effort d'aide colossal

Donner prend un sens doublement important en cette période des fêtes assombrie par le violent séisme qui a secoué, dimanche, le littoral de l'océan Indien, principalement en Asie du Sud et du Sud-Est. Les organismes d'aide internationale sont en état d'alerte. Des collectes de fonds sont en branle un peu partout au Canada.

En tête des organisations humanitaires mondiales, l'ONU et la Croix-Rouge s'entendent pour dire qu'il s'agira peut-être de l'une des opérations d'aide les plus importantes de l'histoire, parce que l'onde sismique a touché simultanément les populations côtières de neuf pays, parfois situés à des milliers de kilomètres les uns des autres, et, dans la plupart des cas, en explosion démographique depuis 50 ans. Les efforts seront donc décuplés pour panser les plaies collectives.

«C'est un sinistre majeur en ce qui a trait à l'étendue des populations touchées», confirme le porte-parole de la Croix-Rouge canadienne, division Québec (CRC), Michel Léveillé, qui cite toutefois d'autres catastrophes naturelles aussi meurtrières, comme le tremblement de terre de Bam en Iran qui a fait plus de 30 000 victimes l'année dernière.

L’organisme canadien a déjà débloqué 200 000 $ pour soutenir les opérations de secours de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, concentrées dans le sud-est de l’Asie. «On est dans une phase d’aide d’urgence, explique M. Léveillé. Une première équipe dépêchée sur les lieux par la Fédération a évalué les besoins immédiats. Un premier objectif a été fixé à quelque 7,5 millions de dollars pour l’ensemble des Croix-Rouge nationales. On travaille sur un scénario de un million de personnes sans abri et déplacées.»


Les efforts mis en oeuvre visent d'abord à implanter un système de purification d'eau sur place, car la dégradation des réseaux d'approvisionnement en eau potable peut contribuer à l'éclosion d'épidémies de choléra. La stagnation des eaux usées, propice à la prolifération des moustiques, peut aussi favoriser la propagation du paludisme. La Fédération fournit également des produits de base aux sinistrés, comme des tentes, des couvertures, des génératrices et de la nourriture.

Le pays se mobilise

Parallèlement aux démarches internationales, la Croix-Rouge canadienne a lancé une campagne nationale de dons, quelques heures après l'annonce du désastre dimanche. Jusqu'ici, la division québécoise de la société a amassé 172 000 $ en 24 heures. «Ça va bon train», indique M. Léveillé qui en appelle tout de même à la générosité de la population. Plus de 15 bénévoles ont été mobilisés au centre d'appel de Montréal pour recevoir les dons à l'échelle provinciale.

Le gouvernement canadien a indiqué hier qu'il augmenterait son aide de trois millions de dollars pour les victimes du désastre, par l'intermédiaire de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Cette somme s'ajoute à la contribution d'un million de dollars annoncée dimanche. Elle servira à appuyer les organisations non gouvernementales canadiennes dans leurs actions sur le terrain ainsi qu'à envoyer des articles de secours essentiels. «Le Canada suit la situation de très près afin de bien connaître l'ampleur des besoins et de déterminer quelle aide supplémentaire nous pouvons acheminer là-bas», a souligné la ministre de la Coopération internationale, Aileen Carroll, en conférence de presse.

L'UNICEF mène aussi sa croisade humanitaire, estimant que les enfants constituent le tiers des victimes. «Notre but est de les ramener le plus vite possible à une vie normale», explique au Devoir le directeur général d'UNICEF Québec, Laurent Larose, qui parle également d'«une des catastrophes naturelles majeures dans l'histoire parce qu'elle implique plusieurs pays aux populations parmi les plus démunies». L'UNICEF travaille actuellement à réunir les enfants séparés de leurs parents par la force des flots et conjugue ses efforts à ceux d'autres organisations humanitaires sur le terrain pour distribuer les biens essentiels, dont l'eau, en vue de réduire les risques d'épidémies qui touchent particulièrement les enfants. En lançant sa campagne Séisme océan Indien, l'organisme espère récolter des dons de 500 000 $ dans un premier temps. «On va sûrement être obligés de revoir cet objectif à la hausse en fonction de l'aide à long terme», précise M. Larose, car les efforts redoubleront pour la reconstruction des écoles et des aqueducs. Selon les données préliminaires des transactions faites sur le site Internet, 30 000 $ ont été amassés jusqu'ici.

Grâce à ses équipes sur place, Oxfam-Québec a commencé à distribuer les 60 réservoirs d'eau potable et les 25 000 paquets de nourriture (riz, farine, sucre, etc.) qu'il a envoyés dans le secteur meurtri de Trincomalee au Sri Lanka. D'autres régions sont maintenant sous sa loupe. Des organismes chrétiens et catholiques tels Vision Mondiale et Développement et paix recueillent également des dons pour secourir les victimes. Le premier espère récolter un million de dollars auprès des Canadiens et le second a déjà fait parvenir 50 000 $ dans les régions les plus touchées d'Asie.

Enfin, la communauté tamoule du pays fait aussi ses efforts en matière de dons puisque ses compatriotes sri lankais et indiens comptent pour une large part des victimes du séisme d'Asie. À Montréal, elle a ainsi amassé 20 000 $, tandis que ce chiffre s'élève à 70 000 $ à Toronto où les Tamouls sont encore plus nombreux.

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On peut notamment faire des dons à :

La Croix-Rouge canadienne

www.croixrouge.ca, 1 800 418-1111

L'UNICEF

www.unicef.ca, 1 877 955-3111

Oxfam-Québec

www.oxfam.qc.ca, 1 877 937-1614