Moderniser l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal au bénéfice de la communauté

Martine Letarte
Collaboration spéciale
«Je me suis dit qu’après avoir tant reçu de Sacré-Cœur, j’allais essayer d’aider l’hôpital à aider d’autres personnes qui ont besoin de soins», raconte Claude Gagnon. 
Photo: Fondation de l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal «Je me suis dit qu’après avoir tant reçu de Sacré-Cœur, j’allais essayer d’aider l’hôpital à aider d’autres personnes qui ont besoin de soins», raconte Claude Gagnon. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Avec une bâtisse qui aura bientôt 100 ans, plusieurs travaux de modernisation sont à réaliser à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Parmi les projets prioritaires, la Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal souhaite améliorer le confort et la réadaptation des patients en rénovant l’unité des blessés médullaires, concevoir un environnement adapté et humain avec un centre de cancérologie et un centre intégré de suppléance rénale.

« Des causes dans lesquelles s’investir à Montréal, il y en a plusieurs. Mais Sacré- Cœur est un hôpital stratégique, notamment parce que c’est le seul de la métropole à avoir un héliport. Et personnellement, ça me tient particulièrement à cœur parce que c’est ici qu’a été traitée ma conjointe, aujourd’hui décédée d’un cancer du sein, et elle y a vraiment reçu des soins d’une qualité extraordinaire », raconte Claude Gagnon, président des opérations de BMO Groupe financier pour le Québec et membre du conseil d’administration de la Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Il a accepté de s’impliquer activement pour amasser les 40 millions de dollars nécessaires à la campagne majeure de financement qui est cours afin de permettre la réalisation de projets prioritaires. « Je me suis dit qu’après avoir tant reçu de Sacré- Cœur, j’allais essayer d’aider l’hôpital à aider d’autres personnes qui ont besoin de soins. »

L’édifice de l’hôpital du Sacré- Cœur de Montréal, sur le boulevard Gouin, aura 100 ans en 2026. « La bâtisse est encore très solide, mais c’est certain que pour installer les meilleures technologies qui viendront répondre à des besoins spécifiques, il faut la moderniser et on y va morceau par morceau », indique M. Gagnon.

Créer un centre de cancérologie

L’un des grands projets pour lesquels la Fondation amasse des sous est la création d’un centre de cancérologie pour offrir un environnement accueillant, confortable et respectueux pour les patients qui reçoivent des traitements de chimiothérapie.

« La population est vieillissante au Québec et plus on est âgé, plus on est à risque de développer un cancer. Et pour les traiter, on a besoin d’équipements de pointe parce que c’est un domaine en grande évolution, souligne M. Gagnon. C’est important aussi d’être bien équipé pour attirer les cerveaux qui continueront de faire avancer la recherche. »

En plus de créer des salles de chimiothérapie avec vue sur l’extérieur, on s’assurera de créer de l’espace pour les proches qui accompagnent le patient et aussi permettre plus de discrétion lors des échanges avec le personnel. De plus, le centre de cancérologie sera à proximité des salles d’urgence pour une prise en charge rapide des patients qui développent des effets secondaires pendant le traitement.

Pas moins de 10 millions de dollars sont nécessaires pour réaliser ces travaux.

Créer un centre intégré de suppléance rénale

Un objectif de 5,6 millions de dollars a été fixé pour créer un environnement plus propice aux 31 000 traitements d’hémodialyse qui se font annuellement à Sacré-Cœur. On souhaite y regrouper tous les services, soit les consultations externes en néphrologie, la prise en charge pour la dialyse péritonéale et l’hémodialyse à domicile.

On vise également à faire passer de 4 à 25 le nombre de patients qui peuvent bénéficier d’une dialyse à la maison. Un nouveau système de traitement d’eau pour augmenter l’efficacité des dialyses et diminuer les risques d’infection et de complication est aussi prévu. On créera également des espaces de soins plus privés pour les patients afin d’améliorer l’intimité des échanges avec l’équipe de soins.

« On veut que les services de suppléance rénale soient vraiment intégrés et à la fine pointe de la technologie », affirme M. Gagnon.

Rénover l’unité des blessés médullaires

Moderniser l’unité des blessés médullaires est un autre projet de la Fondation de l’Hôpital du Sacré- Cœur de Montréal. Ces patients ont une lésion à la moelle épinière, souvent à la suite d’une blessure à la colonne vertébrale. La conséquence est une perte de communication entre le cerveau et le corps : il y a donc une paralysie totale ou partielle des bras, des jambes et du tronc. La lésion affecte aussi souvent le fonctionnement des organes sous la lésion et occasionne une perte de sensibilité.

« Sacré-Cœur est d’ailleurs l’hôpital attitré pour recevoir les blessés des grands événements sportifs, comme le Grand Prix de Montréal », indique M. Gagnon.

Comme les blessés médullaires doivent recommencer à bouger rapidement pour améliorer leur réadaptation, l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal souhaite ajouter une salle de physiothérapie sur l’étage. C’est une somme de 1,2 million de dollars qui est nécessaire pour réaliser ce projet.

« Tous ces investissements prévus amélioreront la qualité des soins, mais aussi la qualité de la recherche et de l’enseignement, dit M. Gagnon. Ces différents volets se nourrissent les uns des autres et permettent à l’hôpital de mieux répondre aux besoins de la population. »

L’importance pour les gens d’affaires de s’impliquer

Comme président de BMO Groupe financier pour le Québec, Claude Gagnon ne manque pas de responsabilités au quotidien. Malgré tout, il trouve le temps de s’impliquer au conseil d’administration de la Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

« Les gens du milieu des affaires ont beaucoup à apporter dans un conseil d’administration, affirme-t-il. Par exemple, un banquier sait aligner une colonne de chiffres, prioriser des besoins et s’assurer qu’on ne fait pas d’investissements pour venir dupliquer l’offre qu’on a dans le Grand Montréal. »

Il considère que c’est la diversité d’un conseil d’administration qui fait sa force. « On a besoin de médecins, de chercheurs, d’administrateurs, de gens en finance, de gens de différents secteurs d’activité pour s’assurer d’avoir un haut niveau de connaissance autour de la table, indique-t-il. Il faut aussi des gens qui rayonnent dans leur milieu et qui sont capables d’aller chercher différents alliés pour arriver à créer un hôpital toujours plus performant qui apportera davantage à notre société. »



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