La Fondation Santé Sud de Lanaudière se prépare aux besoins futurs

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
L’ouverture prochaine de trois maisons  des aînés dans la région permettra d’offrir aux personnes qui  y seront logées un cadre de vie plus agréable  que ce que peuvent offrir présentement  les CHSLD.
Marie-France Coallier Le Devoir L’ouverture prochaine de trois maisons des aînés dans la région permettra d’offrir aux personnes qui y seront logées un cadre de vie plus agréable que ce que peuvent offrir présentement les CHSLD.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Quels seront les prochains défis en santé de la région de Lanaudière, en particulier ceux des MRC Les Moulins et de L’Assomption ? Et comment les acteurs en santé de la région, notamment le CISSS de Lanaudière et la Fondation Santé Sud de Lanaudière, les affronteront-ils ? Si certaines préoccupations sont propres à Lanaudière, d’autres touchent toutes les régions du Québec, comme le vieillissement de la population.

« Heureusement, nous assisterons bientôt à l’ouverture de trois maisons des aînés sur le territoire de Lanaudière, précise Maryse Poupart, présidente et directrice générale du CISSS de Lanaudière. Cela nous permettra de mieux absorber l’augmentation des personnes âgées en plus d’offrir aux personnes qui y seront logées un cadre de vie plus agréable que ce que peuvent offrir présentement les CHSLD. Évidemment, le vieillissement de la population entraîne une hausse des besoins en gériatrie, et nous devrons donc bonifier nos ressources à cet égard. »

C’est ici que se pose le problème de la pénurie de main-d’œuvre. « Le nerf de la guerre aujourd’hui, c’est la main-d’œuvre, précise Maryse Poupart. Nous devons donc développer une stratégie de la main-d’œuvre afin de ramener dans le réseau public le personnel qui est parti pour le privé et aussi attirer de nouvelles recrues. »

Maryse Poupart est consciente que le CISSS qu’elle dirige ne peut à lui seul résoudre le problème. Une réalité que reconnaît aussi Ronald Nicol, président sortant du conseil d’administration de la Fondation Santé Sud de Lanaudière.

« Si l’on peut définir, de concert avec Mme Poupart, les gestes que la Fondation peut faire, soit pour embellir la vie des personnes âgées, soit pour créer un environnement de travail plus accueillant, nous le ferons. »

Changement démographique

Un défi propre à la région de Lanaudière est le changement démographique. Cela est particulièrement vrai pour la MRC Les Moulins et la MRC de L’Assomption. Ces deux MRC ont connu une augmentation de leur population respective, essentiellement due à l’arrivée de jeunes ménages qui viennent s’y établir, faute de pouvoir le faire dans les centres plus urbanisés, comme l’île de Montréal.

« Cette hausse démographique, surtout la venue de jeunes ménages, pose de nouveaux défis, souligne Maryse Poupart. D’une part, il y aura une augmentation des besoins en médecine familiale et, d’autre part, comme plusieurs des jeunes ménages deviendront aussi de jeunes familles, une augmentation des besoins en pédiatrie et en obstétrique. »

Heureusement, le gouvernement provincial reconnaît cette hausse de la population et a décidé d’agrandir l’hôpital Pierre-Le Gardeur. « Un nouveau pavillon sera construit qui viendra rajouter 246 lits, précise Maryse Poupart, ce qui doublera la capacité d’accueil de l’hôpital. »

Une nouvelle qui réjouit également Ronald Nicol. « L’agrandissement de l’hôpital Pierre-Le Gardeur était attendu et nécessaire, explique-t-il. Mais l’agrandissement d’un hôpital implique de nouveaux défis, qui ne sont pas toujours chiffrés dans le devis de construction. C’est là que la Fondation peut venir en soutien à l’agrandissement prévu. Et s’il y aune occasion qui justifie le lancement d’une troisième campagne majeure, c’est bien celle-là. »

Planification et souplesse

Ces nouveaux défis pourront être relevés de manière efficace si le tout fait l’objet d’une méticuleuse planification, à la fois stratégique et clinique. « La question qui me trotte en tête, avoue Maryse Poupart, est la suivante : où serons-nous dans cinq ou dix ans ? »

Et pour le savoir, elle se fie à la gestion en partenariat. « La gestion en partenariat, poursuit-elle, nous donne de meilleurs outils de planification. D’une part, le partenariat avec les acteurs de la communauté nous permet de bien recenser les besoins à venir de la communauté. On ne planifie plus en vase clos. D’autre part, si l’on met en commun l’ensemble de nos expertises, évidemment dans le respect des missions de chacun, on est à même de trouver les solutions les plus riches et les plus adéquates. »

Mais planification méticuleuse ne rime pas avec rigidité. « Il faut faire preuve de souplesse et savoir s’adapter aux circonstances, avance Maryse Poupart, même celles qu’on n’a pas su planifier. »

Elle donne en exemple la Fondation, qui s’est bien adaptée à la pandémie. Ronald Nicol est à même d’en témoigner. « La Fondation n’avait jamais envisagé d’investir dans l’équipement informatique. Mais le confinement des personnes âgées a fait que nous avons acheté et distribué des tablettes informatiques. »

Cette souplesse de la Fondation est une autre preuve, aux yeux de Maryse Poupart, des vertus de la gestion en partenariat.

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