​La Fondation Santé Sud de Lanaudière, un levier stratégique pour le CISSS de Lanaudière

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
Maryse Poupart est à la tête du CISSS de Lanaudière depuis avril 2021.
Photo: Yannick Mitchell Maryse Poupart est à la tête du CISSS de Lanaudière depuis avril 2021.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Pour la présidente et directrice générale du CISSS de Lanaudière, Maryse Poupart, arrivée en poste il y a à peine un an, la Fondation Santé Sud de la Lanaudière à l’hôpital Pierre-Le Gardeur assure l’avancement de certains processus et une réponse plus rapide aux besoins.

« La contribution de la Fondation permet de bonifier et parfois d’accélérer notre offre de services », soutient Maryse Poupart. Cela dit, elle tient cependant à faire un distinguo. « La contribution financière de la Fondation ne peut pas servir [à payer] nos coûts d’exploitation ni au remplacement d’équipements désuets ou pour l’achat déjà planifié de nouveaux équipements, ce que nous faisons à même notre budget consenti par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). La contribution financière de la Fondation doit uniquement servir à ajouter à notre offre de services. »

Elle donne en exemple le don d’un appareil de tomographie par positrons par la Fondation à l’hôpital Pierre-Le Gardeur. « Il s’agit du premier appareil de tomographie par positrons sur l’ensemble du territoire de Lanaudière, poursuit-elle. Aurions-nous été en mesure de convaincre le MSSS de l’intérêt de financer pareille acquisition ? Sans doute que oui, mais le processus aurait été plus long et le don de la Fondation vient immédiatement combler ce besoin. » Évidemment, le CISSS de Lanaudière doit assumer à même son budget les frais d’installation et de fonctionnement de ce nouvel équipement.

Maryse Poupart voit dans ce don non seulement l’acquisition d’un nouvel équipement médical sophistiqué, mais aussi une occasion. « Si l’on tient à offrir les meilleurs soins possible à nos patients, précise-t-elle, il faut être en mesure d’attirer et de retenir notre personnel. La présence de cet appareil constitue un atout à cet égard. »

Et ce constat ne s’arrête pas aux seuls équipements haut de gamme. « Toute contribution de la Fondation, aussi modeste soit-elle, qui vient bonifier l’environnement de travail de nos employés nous aide à les attirer et à les retenir. Sans compter que cela a pour effet d’améliorer l’expérience des patients. »

Un levier stratégique

Maryse Poupart est loin de considérer la Fondation Santé Sud de Lanaudière comme une organisation étrangère à laquelle le CISSS qu’elle dirige doit accorder une certaine attention, vu l’avantage financier qui s’y rattache. « Je considère plutôt la Fondation comme un véritable partenaire, avance-t-elle, et cela, pour plusieurs raisons. »

D’abord, la Fondation représente à ses yeux un levier stratégique important pour le CISSS. « Lorsqu’un CISSS comme le nôtre négocie avec le MSSS pour faire avancer un projet ou pour répondre à des besoins propres à notre région, le soutien de la Fondation est capital. Cela indique clairement que nous avons le soutien de la communauté, car la Fondation provient et est partie prenante de cette communauté. »

L’inverse est aussi vrai. « Si un CISSS veut offrir le meilleur service possible à sa communauté, il doit commencer par la connaître, poursuit-elle. Et pour la connaître, il faut tisser des liens avec elle. La Fondation nous permet de tisser ces liens. C’est avec et par la Fondation que nous pouvons le mieux tisser ces liens avec la communauté et ensuite les entretenir. »

Gérer en partenariat

C’est la raison pour laquelle Maryse Poupart privilégie une approche de la gestion en santé qui fait place aux partenariats. « Par exemple, si l’on établit une relation complémentaire entre le CISSS et la Fondation, si nos deux directions se consultent et échangent, cela me permet d’élaborer un plan stratégique pour le CISSS beaucoup plus fin et qui correspond le mieux aux attentes et aux besoins de notre communauté. Nous sommes alors en en mesure de cibler les bons projets. »

Et cette gestion en partenariat ne se limite pas à la relation entre la Fondation et le CISSS. « Mon approche de la gestion en partenariat s’applique à tous les acteurs de la communauté, les fondations en santé bien sûr, mais aussi les gouvernements municipaux, les organismes communautaires, les donateurs, bref, tous ceux qui, de près ou de loin, s’intéressent à l’amélioration des soins de santé et des services sociaux. »

Cette gestion en partenariat, croit-elle, peut aussi avoir un effet de cascade. « Plus vous établissez des partenariats, plus vous tissez de liens avec les acteurs de la communauté, plus vous multipliez les chances de donner le goût à d’autres de s’impliquer et de se joindre à nous. J’ai une confiance inébranlable dans la puissance que procure le partenariat en gestion de la santé. Car au fond, dans un domaine comme le nôtre, tous les acteurs ont un objectif commun, c’est-à-dire fournir les meilleurs services possible aux membres de la communauté. »

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