La ​Fondation Santé Sud de Lanaudière, un grand acteur pour les Lanaudois

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
L’hôpital Pierre-Le Gardeur, situé à Terrebonne
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir L’hôpital Pierre-Le Gardeur, situé à Terrebonne

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Si la Fondation Santé Sud de Lanaudière peut sembler modeste, elle est, pour l’hôpital Pierre-Le Gardeur et ses composantes du sud de Lanaudière, indispensable à la réalisation de projets qui améliorent la qualité des soins aux patients. Tour d’horizon d’une petite fondation dont le rayonnement est grand.

La Fondation Santé Sud de Lanaudière est née en 1989 de la fusion de deux autres fondations, la Fondation Meilleur et la Fondation de l’hôpital Pierre-Le Gardeur. La Fondation Santé Sud de Lanaudière sert deux territoires du sud de Lanaudière, soit la MRC Les Moulins et la MRC de L’Assomption.

« Après la fusion, on a porté le nom de Fondation du CSSS de Lanaudière, mais à la disparition des CSSS, on a choisi un nom sans lien avec un organisme gouvernemental, explique Ronald Nicol, président sortant du conseil d’administration de la Fondation. Mais nous continuons à collaborer avec le CISSS de Lanaudière, en particulier avec l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à qui on remet environ 1 million de dollars chaque année. »

Depuis 1990, la Fondation a recueilli 35 000 000 $ en dons, ce qui lui assure non seulement sa pérennité, mais lui donne aussi les moyens de financer bon nombre de projets en santé, donc certains majeurs. À ce titre, notons le pavillon Desrosiers-Langlois, consacré à l’enfance, à la jeunesse et à la famille (4,5 millions) ; la maison Adhémar-Dion, vouée aux soins palliatifs (3,5 millions) et l’agrandissement du centre de soins en oncologie de l’hôpital Pierre-Le Gardeur (2,2 millions). Ajoutons à cela un appareil de tomographie par émission de positrons (TEP, 2,5 millions), qui sera bientôt fonctionnel à Pierre-Le Gardeur.

« Évidemment, les gros projets attirent davantage l’attention parce qu’ils sont importants, mais il ne faut pas pour autant négliger l’apport de projets plus modestes, précise Ronald Nicol, comme la peinture d’une murale en pédiatrie ou l’aménagement d’un jardin dans un CHSLD. »

Il donne en exemple une anecdote personnelle, dont il saisit toute l’ironie. « Des pierres au rein m’ont amené à l’hôpital Pierre-Le Gardeur et le médecin me prescrit une échographie pour établir le diagnostic. Nul besoin de bouger, me dit-il, nous avons maintenant un appareil mobile. Oui, je le sais, je lui réponds, c’est moi qui ai signé le chèque. J’étais loin de me douter qu’un jour, un don de la Fondation me serait utile en tant que patient ! »

Collecte de fonds

La capacité d’action d’une fondation philanthropique repose essentiellement sur la générosité de ses donateurs. On comprend donc que toutes les fondations philanthropiques mettent en place des stratégies pour attirer et retenir les donateurs.

« Nous organisons chaque année quatre ou cinq activités qui nous permettent de rejoindre et de rassembler des personnes, ce qui nous donne l’occasion de solliciter des dons, raconte Ronald Nicol, le plus important d’entre eux étant notre tournoi de golf annuel. »

De plus, la Fondation Santé Sud de Lanaudière a organisé deux campagnes majeures de collecte de fonds, la première s’étant déroulée de 2006 à 2010 et la seconde, de 2013 à 2017.

9 millions
C’est le nombre de dollars en dons que la Fondation a amassés lors de sa campagne majeure de 2013 à 2017.

« Ces campagnes majeures, souligne Ronald Nicol, sont l’occasion d’aller frapper aux portes des entreprises. D’abord celles qui sont présentes sur notre territoire, mais aussi certaines grandes entreprises à caractère national. C’est un travail de plus grande haleine, et les sommes sollicitées sont parfois importantes, ce qui explique la durée de quatre ans de chaque campagne. Mais l’effort en vaut la peine puisque la campagne majeure de 2013-2017 a permis d’amasser 9 millions de dollars en dons. »

Savoir saisir les occasions

Prévoit-on une nouvelle campagne majeure bientôt ? « Il y en aura certainement une autre, croit Ronald Nicol, mais pas avant un certain temps. D’un côté, les entreprises que nous approchons lors de nos campagnes majeures sont aussi des entreprises dont la générosité est aussi sollicitée par d’autres organismes de bienfaisance. Il faut donc laisser passer un certain temps avant d’aller frapper à nouveau à leur porte. »

De l’autre, la philosophie philanthropique des grandes entreprises a considérablement évolué ces dernières années. « De plus en plus, explique Ronald Nicol, les grandes entreprises choisissent de concentrer leur générosité philanthropique dans un créneau particulier. Par exemple, Bell Canada a choisi la santé mentale avec sa campagne Cause pour la cause, et la Banque Nationale a choisi de centrer ses efforts sur tout ce qui se rapporte à l’enfance. Cette situation nous oblige à repenser notre stratégie en ce qui concerne les campagnes majeures. »

D’autres outils seront donc mis à contribution. « Nous allons continuer à organiser des activités, notamment le tournoi de golf, avance Ronald Nicol. Mais la pandémie, qui interdisait les rassemblements publics, nous a fait découvrir les événements virtuels et c’est aussi une voie que l’on veut poursuivre. »

Les prochaines années seront ainsi l’occasion de développer de nouveaux outils. « Nous recevons très peu de dons testamentaires, et notre directrice générale a le mandat de développer ce secteur, comme elle a le mandat de promouvoir l’organisation d’activités au bénéfice de la Fondation de la part de tierces parties. »

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