Des réalisations servant de modèles philanthropiques

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Le pavillon Claudine D’Amours, inauguré en 2021, permet d’accueillir plus de chercheurs.
Photo: Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont Le pavillon Claudine D’Amours, inauguré en 2021, permet d’accueillir plus de chercheurs.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Des bourses aux étudiants, des centres additionnels, un nouveau pavillon… La dernière campagne de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont s’est terminée en septembre 2021. Elle lui a permis au fil des années de poursuivre sa mission en philanthropie. Retour sur ses réalisations phares.

« Beaucoup de choses ont été faites ces dernières années par la Fondation pour soutenir les projets structurants et innovants [du centre hospitalier] », indique la directrice générale de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (FHMR), Julie Desharnais.

La plus récente grande campagne a entre autres servi à la création du Centre intégré de cancérologie. Elle a également financé la création du Centre d’excellence en thérapie cellulaire, et la désignation du service d’ophtalmologie de l’hôpital « Centre universitaire d’ophtalmologie de l’Université de Montréal ». « Les trois projets ont été faits dans le cadre de la grande campagne, et ils sont très porteurs », poursuit la directrice générale.

En 2017, le Centre intégré de cancérologie, le seul au Québec à offrir des traitements de pointe en thérapie cellulaire, a été inauguré, après avoir reçu des dons de 12 M$. Depuis, plus de 2500 patients y sont soignés chaque année, dans les salles spécialement conçues pour ce type de traitements.

L’organisme philanthropique a entre autres contribué à l’aménagement de ces chambres. « Quand les patients sont hospitalisés, ils doivent être isolés, sans personne qui peut entrer », explique Mme Desharnais. Chaque pièce a notamment été équipée du nécessaire pour la cuisine et d’une télévision, afin de rendre les malades autonomes durant leur séjour et de réduire au maximum leurs interactions avec le monde extérieur.

Quatre années plus tôt, c’était le Centre d’excellence en thérapie cellulaire qui voyait le jour, avec un don de 9 M$ de la part de la Fondation. L’établissement situé dans le pavillon Ronald et Herbert Black de l’hôpital sert notamment à soigner des patients atteints de cancers hématologiques.

Mais les recherches sur les cellules souches qui y sont menées ont aussi pour but de trouver des traitements à d’autres maux. « Ces données, on peut les appliquer à d’autres concepts, notamment pour la maladie d’Alzheimer ou en ophtalmologie, précise la directrice générale. Il y a beaucoup de chercheurs qui transposent ces notions à d’autres niveaux pour d’autres cellules et d’autres emplois dans le corps. »

Avec 12 M$ sur 10 ans, la Fondation a également contribué à l’axe de l’excellence en santé de la vision avec son centre de soins des yeux. En 2016, la désignation universitaire a marqué le début d’un partenariat entre les chercheurs de l’Université de Montréal et l’Hôpital. « Il y a beaucoup de recherches qui se font avec des avancées concernant la rétine et le diabète », ajoute Mme Desharnais. Fort de sa réputation, le centre accueille donc des patients venant de partout au Québec.

Une grande campagne, mais pas seulement

En plus de sa dernière grande campagne de financement, la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a tenu plusieurs événements chaque année dans le but de soutenir d’autres projets. Ainsi, elle remet au centre hospitalier entre 4 M$ et 5 M$ annuellement.

Les soins aux patients, la recherche, mais aussi l’éducation sont au cœur de la mission de l’organisme philanthropique, explique Mme Desharnais. Parmi les initiatives en ce sens, on compte un programme de bourses pour les jeunes diplômés. « Quand on parle d’enseignement, c’est vraiment l’un des axes sur lesquels on est très impliqués », souligne-t-elle.

La pandémie, qui a entraîné une hausse des hospitalisations et des décès durant les deux dernières années, a donc donné naissance à un programme de bourses pour les inhalothérapeutes. « L’Hôpital a quand même vécu des difficultés de recrutement. Et on a beaucoup travaillé la direction pour voir comment on pourrait soutenir la rétention de certains professionnels », explique la directrice générale de la Fondation.

Résultat : des bourses de 10 000 $ chacune ont été remises à des finissantes en inhalothérapie. « On a donc octroyé des bourses de persévérance scolaire pour les nouvelles diplômées en inhalothérapie qui se sont jointes à l’équipe de l’hôpital », ajoute-t-elle, en précisant que l’initiative sera de retour cette année. « Ce sont des actions concrètes qui font en sorte qu’on améliore également les soins aux patients et tout ce qui se fait à l’hôpital. »

Le pavillon Claudine D’Amours

La dernière grande campagne « Reprogrammez l’histoire » a mené à la création du pavillon Claudine D’Amours au Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui a été inauguré en 2021. « On a terminé la campagne en septembre dernier. Ce pavillon a été construit par la Fondation, par ses donateurs », explique la directrice générale de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont au sujet de l’établissement qui porte le nom d’une patiente de l’hôpital.

La contribution à hauteur de 22 M$ a permis la rénovation de l’ancien couvent situé sur le boulevard Rosemont. L’argent a également servi à fournir de l’équipement aux équipes de chercheurs. « C’était pour soutenir l’axe de recherche, qui est très important pour le centre hospitalier et pour la Fondation », soutient Mme Desharnais.

La campagne visait notamment à accélérer la mise au point de traitements par cellules souches. Le but ? En faciliter l’accès plus rapidement grâce à de nouveaux espaces et de nouveaux équipements de même qu’à l’embauche de chercheurs additionnels.

Des recherches dans les trois grands axes d’excellence de l’hôpital — l’immunologie-oncologie, l’ophtalmologie et la néphrologie — sont menées dans le pavillon. Celui-ci augmente également la capacité des laboratoires voués à la thérapie cellulaire avec de la technologie de pointe. Les chercheurs espèrent qu’à l’aide des nouvelles avancées, ils pourront trouver des moyens d’utiliser les cellules souches pour guérir des maux n’ayant encore aucun traitement, comme les maladies rénales, celles des yeux, le diabète et l’Alzheimer.



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